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11/03/2005
Le camion - 2° Partie.
II
Mohammed Tchang était ethnologue. Il devait quitter les montagnes et se rendre à Oulan-Bator pour faire part de ses recherches sur les tribus mongoles qui refusaient de se joindre au monde moderne : elles préféraient poursuivre leur mode de vie nomade. Leurs ancêtres – et les siens aussi, puisqu'il était d'origine mongole - étaient descendus des montagnes, il y a fort longtemps, et avaient couvert les vastes steppes du galop fougueux de leur petits chevaux. Ils avaient même débordés des vastes plaines et conquis le monde. Ils avaient été des maîtres, maîtres d'hommes. Se faire obéir par des machines ne les intéressait pas.
C'était un grand spécialiste de la question : On l'avait choisi pour cette mission car il avait eu auparavant à étudier des groupes de l'ancienne Arabie Saoudite qui avaient le même comportement anachronique. Eux aussi, partis d'une terre aride et hostile, avaient fait trembler les civilisations et leur avaient imprimé leurs marques indélébiles. C'était des hommes fiers et libres. Pour eux le bonheur n'étaient pas d'avoir des esclaves de métal. Quand ils avaient eu besoin d'esclaves ils avaient été les chercher (...et les vendre, à la rigueur).
Il était resté plus d'un an dans les montagnes et se sentait près de ces hommes. Il n'aspirait pas à un repos bien mérité comme lui conseillaient tous ses collègues. Ensuite il partirait au Sahara. Il y avait là-bas de très intéressantes tribus Berbères. Elles aussi préféraient les tentes, les moutons et le voyages plutôt qu'une vie entourée d'écrans et surtout plus aucun ennemi à massacrer pour la possession d'une oasis. Qui pouvait se vanter d'avoir un jour asservi les Berbères? Les Arabes avaient essayé, les Français avaient essayé, l'O.N.U avait essayé, mais...
L'ethnologue avait une vie passionnante et il aimait ce qu'il faisait. L'homme aimait étudier l'Homme. "Le vrai" ajoutait-il souvent.
Mohammed Tchang commença à comprendre qu'il se passait quelque chose d'anormal quand son unité de transport refusa de lui ouvrir ses portes.
Quand elle l'ouvrit brusquement de manière à le jeter par terre, il ne se posa plus de question : il le savait, il était en danger!
Le moteur de son véhicule hurla! Fameux pour un moteur atomique! Une manœuvre rapide et il fondait sur lui. Tchang avait des réflexes et eut juste le temps de tournoyer sur lui-même. D'un bon il se redressa courut vers son cheval qui l'avait emmené des montagnes au camp. Un coup tiré sur la bride et il reprenait, au galop, la direction des montagnes.
L'unité de transport ne portait que des détecteurs de chaleur trop puissants et trop spécialisés et eut du mal à le localiser quand elle le prit en chasse. Mais elle avait un détecteur de métaux. Mohammed le savait et fit aussitôt tomber son fusil. Grand bien lui en prit car immédiatement après, une charge explosive d'excavation détruisait complètement l'arme. Bah! Pour l'instant ce qui comptait, c'était de sauver sa vie, un point c'est tout. S'il faisait de mauvaises rencontres animales en montagnes il improviserait. Il saurait quoi faire!
Les machines ne le revirent plus jamais et pensèrent qu'il avait péri dans l'immense nature si hostile à l'espèce 'Homo Sapiens'.
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