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15/03/2005
Une autre petite nouvelle : Sur ma tombe
Voilà une autre petite histoire
qui pourrait aussi être le début d’un roman, mais je suis flemmard, et puis le
thème est usé jusqu’à la corde ( pour me pendre, eh, eh, eh)
SUR MA TOMBE
Je me demande si, un jour, on se
souviendra de moi. Alors je m’entraîne : Je vais sur ma tombe. Je me
recueille sur mes restes.
C’est dommage, j’aimais bien ce corps.
Il n’était pas très grand, mais très nerveux. Je pense que par rapport à celui
que j’occupe maintenant, sa glande tyroïde était très productive, et sa
sécrétion d’adrénaline puissante. Il réagissait au quart de tour. Ne laissait
pas à mon cerveau le temps d’ergoter. Action ! Réaction ! Quand je me
mettais à réfléchir sur ce que j’avais fait, j’en venais souvent à la
conclusion que j’étais de l’avis que le corps avait pris. Ce corps-là était en
parfait contact avec mon inconscient. Celui que je balade depuis le début.
Quand je dis ça, on peut avoir l’impression
que mon « moi » est un fardeau. L’expression française «
Qu’est-ce qu’il se balade ! », « Balader quelque chose »
est assez péjorative. Ce n’est pas ce que je veux dire.
Au départ, j’avais, comme tout
un chacun un « moi ». Celui-ci a évolué au fur et à mesure de mes
différents corps
Mais là encore, j’exagère. Les
différents supports que j’ai eus ont transformé mon esprit. Je ne suis plus
celui du XVII° siècle, l’homme qui avait la tête sur le billot, qui allait
mourir.
Je ne sais pas quand j’ai été le plus
terrifié. Quand le bourreau a levé sa hache, ou quand je me suis retrouvé dans
le corps du bourreau et que je mettais toute mes forces pour abattre la hache
sur le cou de celui qui était … moi. D’ailleurs au dernier moment, j’ai un peu
ralenti le mouvement avant que l’acier n’attaque le cou de l’homme à genou, la
tête sur le billot, dans mon corps. Il a dû souffrir !
J’avais pris place dans son énorme
enveloppe corporelle et lui dans la mienne. Il a souffert : j’avais raté
et j’ai dû m’y reprendre à trois fois pour détacher ma tête de mon corps.
Il avait vécu par la hache (beaucoup de
fois) et est mort pas la hache (en plusieurs fois).
Il y a une justice !
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