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10/07/2005
Ce Soir 4
J’ai à peine le temps d’allumer une “Seven Star”, cigarette locale, qu’une voix féminine, derrière moi, me tire d’une rêverie que je n’avais même pas commencée.
- Excuse-me, may I interrupt you?
- Sure! What can I do for you?
(Suite---->)
Ça y est, le poisson a mordu à l’hameçon. Je me retourne et vois une Gaijin, blonde aux yeux bleus. Elle est assez grande, les cheveux mi-court, dont les pointes semblent vouloir rejoindre le menton.
Elle s’excuse. Ça, elle l’a déjà dit! Elle ne se permettrait jamais d’aborder quelqu’un comme ça, mais de sa table, elle m’a entendu parler japonais et elle se demandait si...
Je suis perché sur mon tabouret et elle est debout devant moi. Elle semble sortie tout droit du feuilleton “Dallas”. Elle porte un incroyable tailleur rouge : veste longue et jupe courte. Son corsage s’échancre sur une poitrine dont le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle est peu commune par ici.
Elle a dû mettre très mal à l’aise tous les “buiseman” japonais qu’elle a rencontrés. Et en plus elle porte du rouge!... couleur considérée ici comme plus ou moins réservée aux “professionnelles” du plus vieux métier du monde. Il faudra que je la branche là-dessus.. si j’arrive à la “brancher”, sinon...
On commence à parler. Elle m’invite à sa table. Me propose un “drink”. Ce coup-là, je commande un bourbon, dans un grand verre, plein à ras bord de glace pillée. Comme on le fait chez elle. Il faut mettre en confiance... Je suis un civilisé, n’est-ce pas?
Je suis à sa table et je l’écoute. Il faut toujours écouter les femmes, c’est ce qu’elles attendent le plus chez un homme. Elles me raconte ses malheurs avec les Japonais, me dit combien ce sont des machos, qu’ils ne la considèrent pas parce que c’est une femme et que.... Elle me raconte par le menu toutes les petites et grosses désillusions qu’elle a eues depuis qu’elle est sur cette affaire de rachat de bons du trésor. D’ailleurs...
Je ne l’interromps pas. Je l’écoute avec attention, ou du moins je fais semblant. Plus tard, je lui expliquerai quelles erreurs elle a faites.
Maintenant j’écoute et je compatis. Si j’étais avec un homme je lui expliquerais ses bévues et ferais de nombreuses plaisanteries dessus, je le ferai rire... Les hommes aiment que l’on rie et se moque des problèmes : ça les minimise et atténue les angoisses. Une femme veut qu’on la plaigne et qu’on la comprenne. On a rarement vu une femme manier l’humour noir...
Je rentre dans sa considération, et je sens que bientôt je rentrerai dans son giron.
“La Secrétaire” est bien loin, hein? Mais c’est là le but de la manoeuvre! Depuis une heure je n’y pense plus. Son corps, ses cheveux, son sourire, ses yeux et... ses fesses, ils ne m’obsèdent plus. “La Japonaise” ne me possède plus. Par contre, le décolleté de mon interlocutrice est là et bien là.
Mais il n’y a pas que ça. Passant d’une femme à l’autre, je change d’univers. Je suis de retour dans mon monde. Cela fait dix ans que je suis au Japon, mais je suis quand même beaucoup plus à l’aise en anglais. On ne pense pas la même chose quand on s’exprime en japonais ou en français : Une langue va avec sa pensée.
Entre le français et l’anglais, même l’américain, les différences de concept sont minimes. Tout juste intéressantes. Et puis l’Avocate (elle est avocate d’affaire) et moi avons en commun toute une culture, toute une Histoire et d’innombrables coutumes et traditions.
De plus nous venons du même pool génétique. Cela rapproche.
Je le disais auparavant, dans ce genre de circonstances, on ne sait pas très bien qui est le chasseur, qui est le chassé. Mon interlocutrice m’attirait. La chair n’est pas faible, elle est forte, très forte, et utilise tous les moyens à sa disposition pour arriver à ses fins. Dans le cas présent c’était le langage et la culture qui venaient au secours d’une attirance physique plutôt faiblarde : les asiatiques m’ont toujours attirées, pas les blanches. Ce n’est pas un hasard si je suis resté plus de dix ans au Japon.
Et puis j’étais là pour oublier ou du moins arrêter de penser un court instant à ma Japonaise, celle qui avait accru au paroxysme mon désir, celle qui ne m’avait pas donné le moyen de l’assouvir.
Je suis pour l’égalité des sexes! Absolument! Ce fut direct et sans ambages : Elle adorait ma conversation. Elle avait une bouteille de champagne dans le frigo de sa chambre, courtoisie de la direction, est-ce que je voulais la partager avec elle?
Yes!
(A suivre....)
14:30 Publié dans Japon, Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




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