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05/08/2005
Nouvelle : Ce soir 8 et fin
Puis elle baisse lentement les yeux. Elle acquiesce.
(Suite---->)
Je tire doucement le poignet vers moi et son corps suit. Sa tête s’approche de la mienne et elle relève son regard. Nos lèvres se rencontrent, s’effleurent, se collent. De l’autre main je lui prends la nuque et appuie son visage contre le mien: nous nous embrassons. Lentement d’abord, puis la tension et l’attente qui s’étaient accumulés pendant plus d’un an sort tout d’un coup. Le baiser est long. Fougueux, non, mais long, si!. Mes mains glissent sur son corps. Elle laisse faire. Se contorsionne même plus que j’ai plus facilement accès aux “endroits stratégiques”
Je suis maître du terrain, celui-ci se laisse explorer avec la plus grande complaisance, mais ne va pas jusqu’à me rendre la pareille. Elle est déjà à moitié nue que je suis encore tout habillé. La fermeture éclair atteint la masse critique, on est au bord de l’explosion. Je suis obligé de lui prendre la main une autre fois, non pas pour m’apporter du feu à la bouche comme tout à l’heure, mais plutôt pour soulager celui qui me dévore l’entre cuisse. Je la guide et elle se laisse guider, les choses prennent le chemin qu'elles doivent prendre. Tout rentre dans l’ ordre des choses, si vous voyez ce que je veux dire. Au fur et à mesure que nos ébats évoluent, elle perd de plus en plus de sa réserve de bonne jeune-fille bien élevée : elle me rend mes caresses, en demande, change de position.
A un moment, elle tient à rendre hommage à ma virilité, ce que l’on appelle ici “jouer de la flûte” Quand je la vois faire, j’ai un moment d’appréhension, elle ne va pas me refaire le coup du pénis non circoncis quand même. Mais non, suis-je bête, elle ne sait même pas ce que c’est, à moins qu’elle ne soit déjà sorti avec un Américain avant moi, et elle m’a assuré que j’étais son “premier Gaijin”!
Rien à faire, on est toujours le Gaijin de quelqu’un sur cette cochonnerie d’Archipel. C’est décourageant! J’ai beau faire un, dans tous les sens du terme avec cette adorable poupée nippone, quand tout sera fini, je serai à nouveau un Gaijin, son “boy-friend” Gaijin _ ce qui laisse à sous entendre qu’il y a de la place pour d’autres.... des normaux... des Japonais, quoi! Je ne serai jamais qu’une parenthèse, une exception dans sa vie... il faut se faire à l’idée: Gaijin je suis et Gaijin je mourrai. C’est dans l’ordre naturel des choses ici, et je maudis cette attirance incontrôlable que j’ai pour les asiatiques.
Ah si seulement je pouvais avoir de l’attrait pour celles de mon espèce! Elles n’ont pas besoin d’être grandes et nordiques. Non, juste une brune, une très brune, je ne sais pas moi, une espagnole, un sicilienne, ou quelque choses comme ça... Oui, mais les traits sont si différents. Le traits des blanches sont si marqués. En plus, elles ont ces poitrines qui sont l’apanage des femmes du sud de l’Europe. Alors qu’il y a une telle harmonie et tant de douceur dans le visage et le corps d’une asiatique... Et puis j’aime les poils pubiens raides et droits!
Tout ceci n’est pas très sérieux. Je suis en train de faire l’amour à une femme, une femme qui m’attire énormément et je me mets à rêver d’un autre style de femme, plus loin de mes goûts physiques et plus près de mes préférences tribales. En fait plus loin de mon corps et plus proche de mon âme.
Mais la tête ne suit pas le corps. Ou le corps ne suit pas la tête, je ne sais pas. Aimer physiquement ne suffit pas. Il faut être accepté. Je me demande quel effet cela ferait d'être avec une femme qui serait des miennes, de ma tribu.
J'ai envie d'un retournement de situation. Alors je retourne le corps. Je ne suis plus sur elle, en face d'elle et même sous elle, mais je me place derrière elle. La bonne vieille position dite de la levrette. Le spectacle est charmant : J'ai devant moi son large fessier, je vois ses longs cheveux battre sur ses épaules, mais son visage et sa poitrine me sont cachés. Je peux alors m’imaginer avec une Méditerranéenne. Pourquoi pensais-je à une Sicilienne tout à l’heure. Elle pourrait être française.... française!....
Mon dieu! Que de choses nous pourrions alors avoir en commun! Aimer une femme qui aurait la même culture que moi, qui ne me considérerait pas comme un bête rare, une curiosité, et même parfois comme une monstruosité.
Etre accepté.... appartenir.... un parmi tant d’autres et pour cette femme être l’unique, son amant, son mari, et nous serions égaux... il n'y aurait pas cette frontière. A l’idée mon corps s’emporte, et pendant que j’établis les gestes rituels de l’acte de chair, je rêve d’acte d’amour. Je relève la tête. Mes yeux quittent son corps divin et se fixe sur le pan de mur qui est devant moi. Là où se trouve ma chère télé et où sont installées toutes les vidéos qui viennent du pays d’où je viens moi aussi, et ces livres, tous ces livres, dans la langue d’Astérix _ J’emmerde Molière!_ tout ce qui exprime ce que je suis, mes origines, mon essence!
L’espace d’un instant, oui, j’ai l’impression d’être avec une française, en France. J’ai l’illusion que je suis moi, chez moi avec les miens. Je ne suis plus un Gaijin qui saute une Japonaise, je suis un homme qui fait l’amour à une femme.
La passion m’emporte! Je ne contrôle plus mes pulsions : je suis moi! Elle est elle! Nous sommes ensemble! Plus de mur, plus de gouffre, plus de frontière. Nos saccades sont si fortes que j’en ai l’impression que le sol tremble. Ce ne serait pas si étonnant d’ailleurs, l’appart que j’occupe est construits en bois et très souple, vraiment très souple, pour absorber les tremblements de terre.
J’ai l’impression que le plancher suit mon _ notre_ rythme démoniaque, et j’en tire grande fierté. Ah! on voulait voir si mon zizi était circoncit! et bien maintenant le voilà à l’œuvre et les murs en tremble, et le plancher en vibre.
Mais bordel! c’est vrai que les murs tremblent et que le plancher vibre, et que l’amplitude va grandissant. J’ai peut-être un orgueil mal placé dans ce que j’appelle ma virilité, mais en toute haute estime que je la place, je sais que ce n’est pas , que ce n’est plus elle qui est la cause de ces vibrations qui vont en s’amplifiant : je ne peux buter si fort, et à ce point ce ne serait agréable pour personne.
J’enfourne un ventre, mais c’est le ventre de la terre qui tremble ! Cela va d’abord doucement, comme si un poids lourd passait pas trop loin de là, et puis l’amplitude augmente, augmente, augmente. Dix bonnes secondes se sont bien passées et là j’arrête tout. Je ne bouge plus alors que tout bouge autour de moi, vibre, s’entrechoque. Mes cassettes ! Mes cassettes vidéos prennent de l’indépendance ! Elles ne restent plus sagement rangées sur mes étagères, bien tranquilles, comme doit le faire toute bonne cassette vidéo qui se respecte. Elles ne respectent même plus la pesanteur ! Elles tombent ! Et puis se sont les livres, tous mes livres qui prennent la poudre d’escampette ! Tous à terre ! et il y en a plus de 1000 ! Dans la cuisine, c’est le tintamarre ! Solo pour batterie de cuisine sans orchestre ! Cela fait maintenant 20 secondes que ça dure !
On va y passer ! J’en suis sûr, on va y passer ! La maison ne va pas tenir l’amplitude toujours grandissante. Je me suis retiré de la fille, mais je bande toujours ! Le danger ? La peur ! La vraie pétrification ? Dans la Bible, on parle de quelqu’un qui s’est vu transformé en statue de sel : je suis transformé en statue… enfin cette partie de mon anatomie !
Mais c’est devant moi que se tient le spectacle le plus éprouvant, celui qui fait vaciller toutes mes valeurs : Ma grosse Sony, ma télé, mon univers, tremble tel un géant aux pieds d’argile. L’œil qui me sort de ma tombe, qui me montre le monde que j’évite, celui-là même est en train de cligner de la paupière. La commode japonaise sur laquelle il est posé est faite de bois très léger, du « kiri »_ polownia pour les intimes. Le déséquilibre des charge amplifie le mouvement et les vibrations augmentant du tremblement de terre : Ma télé va chuter !
C’en est trop. C’est ce que j’ai de plus précieux au monde. Mes mains sont restés sur la croupe de la fille mais le mouvement de va et vient qui nous anime n’a rien à voir avec le désir. Chaque seconde dure le temps d’une extraction de dent de sagesse. : Ma télé tremble ! va télé va sauter, ma tété va bondir, ma télé !…
Je m’extrais d’un seul coup, coup dont je me suis tiré et que je ne tirerai pas, que je ne tirerai plus. Je me libère et me précipite sur le meuble. L’amplitude augmente ! Je m’arc-boute d’abord sur la commode : ça ne sert à rien. C’est la télé qui est la plus lourde. C’est alors sur elle que je mets toutes mes forces. J’ai un mal fou à la tenir. Curieusement je bande encore ! Comme si mon cinquième membre voulait me donner un coup de main et m’aider à ténir l’édifice. Les pieds au sol, la bite contre le meuble, les mains sur les cotés de la télé et la tete qui s’appuie sur l’écran, si avec tout cela ça tombe. Je bande tous mes muscles.
Tous !
J’éjacule !
La mort m’entoure, la vie part de moi. Je m’écroule noyé sous le pernicieux mélange de jouissance et de peur. Une dernière secousse des entrailles de la Terre, plus forte lance la télé en l’air.
Elle me retombe dessus.
Et je tombe dans le noir.
Bien plus tard je me réveille dans un hôpital. J’essaye de me souvenir. Qu’est-ce que je fais ici, qu’est-ce qui s’est passé ? Ah oui !… Le tremblement de terre, la télé qui me saute dessus. Elle a dû imploser car je vois mes deux bras sur au dessus des couvertures du lit : ils sont couverts de bandages.
La panique me prend. Est-ce que je suis gravement touché ? Mes bras me semblent impossible à déplacer. J’aimerais pourtant relever les draps et voir ce qu’il y a dessous, mais cela m’est impossible. En observant le lit le vois ou je devine la forme de mes jambes. Bon ! on ne m’a pas amputé, c’est déjà ça!
Soudain mon cœur explose dans ma poitrine : là où se rejoigne mes jambes il y a quelque chose de beaucoup plus gros que d’habitude et je me souviens : j’étais à poil, complètement à poil quand tout cela s’est passé. Mon dieu pourvu que… pourvu que… pourvu que… Mon dieu faites que… faites… faites….
Voilà tout à coup qu’un infirmière entre.
- Ah ! vous êtes réveillé ? comment vous sentez vous ?
- Pas trop mal, mais ça pique et ça brûle de partout, qu’est-ce qui s’est passé ?
- Ça pique et ça brûle ? Hmmm ! La morphine doit avoir cessé sont effet. C’est pour ça que vous dormiez tant, je vais appeler le docteur Watanabe.
- Morphine ? c’est donc si grave ?
- Non, ne vous inquiétez pas. Vous êtes tout juste plein de petites coupures de verre sur le tronc et les jambes et vous avez saigné beaucoup, mais ça va.
Je veux porter tout de suite les mains à mon visage. Je veux lever les bras mais je le ne peux pas. Je suis trop faible.
L’infirmière le voit et elle me sourit.
- Non, ne vous inquiétez pas, vous n’êtes pas touché au visage, vous avez eu de la chance. Vous avez été seulement touché au torse et aux jambes je vous l’ai dit, beaucoup de petites coupures mais pas trop profondes. Vous savez vous avez eu vraiment beaucoup de chance : votre artère fémorale n’a pas été touchée. Le plus gros éclat de verre est passé à côté.
- A coté ? qu’est-ce que vous voulez dire, est-ce que j’ai été touché au… au… sexe?
- Un peu, oui, (toujours se méfier du « un peu » japonais_ je me mets à transpirer à grosses gouttes) mais rien de grave, il vous faudra pas mal de repos de ce coté là aussi, mais vous êtes encore un homme si c’est ce qui vous inquiète.
Oufff !
- Enfin votre verge a été pas mal touchée, mais on a tout retiré et puis on a aussi...
- Quoi ?
- Il ne faut pas se faire de soucis je vous ai dit. Il y a des millions de personnes qui sont comme ça : on a été obligé de vous circoncire…
11:40 Publié dans Japon, Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note




Commentaires
Vraiment j'apprécie beaucoup ce que vous écrivez.
Ecrit par : cohen le barbare | 05/08/2005
Le récit prend au tripes, la chute est violente (pas autant que celle de la télé sans doute...) et efficace, et le tout est tres instructif sur la vision asiatique et des occidantaux (et inversement) et je partage tout à fait l'avis de Cohen grâce au blog duquel j'ai decouvert le votre, je n'y ajouterai qu'un mot: Bravo!
Ecrit par : Tonio | 24/08/2005
Tres interessant d'entendre pour une fois le point de vue du gaijin au coeur de l'action.
Ecrit par : Miss P | 30/08/2005
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