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03/09/2005
Nouvelle : Attirances 1
Attirances rances
Il est des histoires d'amour, il est des histoires de passions, et puis il en est d'autres qui sont plus... Absolues! Elles sont marquées par les Destins, ces entités supérieures que même les dieux de l'Olympe craignaient!
Et ceux-ci sont cruels. Les Grecs ne se sont jamais trompés là-dessus. Ils ont tout fait pour leur échapper, mais en vain. Oedipe s'est vu coucher avec sa mère et tuer son père. (Vous remarquerez qu'il n'a jamais été dit qu'Oedipe ait été amoureux de sa mère!...) Pourtant quand l'oracle lui avait parlé, il avait refusé, il avait fui. Mais les Destins l'avaient rattrapés.
L'histoire qui nous préoccupe est aussi marquée par la cruauté des Destins. Le sort d'Oedipe ne concerne que son existence propre, mais il est d'autres personnes qui sont condamnées à revivre, vie après vie, la même malédiction.
Les Grecs n'avaient pas la notion de « Karma ».
Les Destins se repaissent du malheur. De la souffrance des hommes vient leur force. Et la peine de certains leur est plus agréable, plus nourricière que celle d'autres. Pourquoi? Nul ne de sait! Les chemins des "Tisseurs de Vie" sont impénétrables.
Les dieux grecs se sont éteints avec ceux qui croyaient en eux, et les Destins aussi, mais la destinée, elle, est restée.
Jésus devait mourir crucifié, quoiqu'il ait tout fait pour qu'il n'en soit pas ainsi. Son dernier cri le prouve : "Père pourquoi m'as-tu abandonné?". Mais même son père, celui qui avait arrêté le bras d'Abraham, n'avait rien pu faire pour son fils, son propre fils.
Les destins sont inébranlables! Les dieux ont soifs, des Destins ont faim. Quant à Dieu, lui...
Voici donc une autre histoire où la malédiction s'est poursuivie bien au delà du mur de la mort.
Le Karma a suivi : C'est le nouveau nom de ce qui nous suit vie après vie.
Cette histoire est donc une histoire différente des autres : Il s'agit d'amour, véritable, profond : l'ineffable bonheur d'être avec l'autre. Le désir n'est pas que physique, il est également moral et surtout spirituel... Le genre de chose qui est trop, contre laquelle on ne peut rien.
C'est dans la pièce de Corneille "Titre et Bérénice", que l'on trouve cette phrase : "Malgré lui, malgré elle". La citation vient de Virgile. Un prince romain était tombé amoureux d'une princesse juive. Tout les séparait pourtant leurs êtres exigeaient l'union mais la politique l'excluait.
On connaît la suite.
Pour revenir plus près de nous, le Moyen Age a beaucoup joué avec ces unions dès le début maudites, abhorrée avant même que d'avoir existé : Tristan et Iseult, Abélard et Éloïse, sans oublier bien sûr "Roméo et Juliette", mais là on ne peut plus vraiment parler de Moyen Age.
Dans les comptes des âges sombres, un homme rencontrait une femme. Rien de les rapprochait, tout les éloignait : ils n'étaient pas du même rang, pas de la même condition et d'une éducation différente. Chacun était "promis" de son côté, et pourtant...
....pourtant ils tombent amoureux et rien, absolument rien, ni foi ni raison de peut les détourner de leurs sentiments. Malgré tout ils essayent, s'y échinent, sont près à se sacrifier pour répondre à ce que l'on appelle leur devoir.
Ils ne peuvent s'aimer, mais il ne peuvent que s'aimer. Ils le doivent. c'est écrit, c'est leur destinée. C'est une telle dégradation, une déchéance que seule la magie peut expliquer : un philtre magique, une potion d'amour qu'ils auraient bu tous les deux, ensemble, malgré eux, poussé par un esprit malin que l'on a l'habitude d'appeler hasard. C'était le cas de Tristan et d'Iseult.
Au départ il n'était pas question de sentiments, et on a fini par une passion surhumaine. Un besoin de fusion que rien ne pouvait expliquer.
Si ce n'est le destin?...
Les personnes dont nous allons parler on bu leur philtre il y a fort longtemps et pendant très longtemps. Ils n'étaient pas ensemble quand ils s'en sont repus. C'était impossible, ils ne vivaient pas sur le même continent. Ce n'était le même philtre non plus, mais il l'ont bu avec la même volonté, le même espoir, la même folle déception et la même ravageuse insanité.
Pour lui, c'était du vin et du vieux cognac vieilli en fût : C'était la version officielle ! En fait n'importe quoi faisait l'affaire, du moment que ça râpait quand ça descendait et que ça arrachait bien la gueule. Ce qui est bon, c'est que ça brûle. Le reste est accessoire. Le goût, par exemple...
Bien sûr il ne l'aurait jamais admis. Il parlait du bouquet, de la couleur de la robe du vin. Il pouvait s'étendre des heures et des heures sur le cru qui allait avec tel ou tel plat. Il avait là-dessus des opinions marquées et intransigeant. Mais certains disaient qu'il aurait bu du vin blanc avec du fromage s'il n'y avait plus que cela à boire.
Pour elle c'était du Gin & Tonic. De plus en plus de Gin et de moins en moins de Tonic : elle aimait les bulles. Les bulles, c'était chic et élégant. Le champagne était chic, le Gin and Tonic était chic. La Bière n'était certainement pas chic, mais quand personne ne regardait, cela n'était pas important. Elle cuisinait aussi au vin. Un peu dans les plats et un peu plus pour la cuisinière. Elle était souvent cuite aussi.
Alors tous les deux ont bu, avalé, ingurgité, descendu et se sont imbibés au maximum? Ils ont bu pour se sentir bien, pour se sentir beau, pour avoir des amis, pour être admirés, pour être aimés. Ils ont bu pour avoir, et finalement ils ont bu pour être, juste pour cela : être.
Mais ils ne sont pas senti bien, il se sont vus laids, ils se trouvaient misérables, ils avaient des peurs, des angoisses, ils étaient seuls, ils n'avaient pas d'amis, ils n'avaient rien, ils n'étaient rien. Plus rien !
Le philtre les avait amenés à la chute et à la déchéance. Venant d'endroits, d'éducations et de pays différents, ils étaient au même niveau : le plus bas. Ces deux ex-jeunes, ces deux ex promesses étaient devenus des rebuts. Ils n'étaient même pas passés par le stade d'adulte : ils allaient mourir. La fin de leur destin semblait tracée. Last exit from the bottle : la déchéance et la mort .
Mais contrairement aux histoires du Moyen Age, le Salut est venu après qu'ils ont pris le liquide de folie et de mort.
Ils arrêtèrent.
Pas exactement au même moment, mais pour la même raison : il fallait qu'ils se rencontrent? plus tard ...
Donc ils ont arrêté de boire. Et ils ont arrêtés leur auto-destruction. Quelque chose au plus profond de leur être savaient que la vie valaient la peine d'être vécue.
Ils se sont nettoyé l'intérieur, ils se sont réparé l'extérieur et ont remis le psychisme sur des lignes plus droites.
Et quand, enfin, ils ont été fin prêts, ils se sont rencontrés.
***
A Tokyo dans un meeting des Alcooliques Anonymes.
***
( A suivre ----> )
12:00 Publié dans Japon, Livres, Nouvelle en cours | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note




Commentaires
Super bien écrit, je vais lire la suite...
A bientôt...
Ecrit par : Crabillou | 21/10/2006
Merci, c'est gentil!
Mais attention, cette histoire n'est pas finie - elle l'est dans sa version originale que j'ai faite, il y a ... un certain temps, mais en anglais!!! J'avoue que j'ai du mal à me traduire et surtout m'adapter.
De plus j'ai du mal à revenir sur ce que j'étais et ce que je pensais - dans une langue différente et dans un pays différent - il y a plus d'une décennie.
Bon, vous n'êtes pas le seul à me demander la suite. Je vais m'y remettre. Il y a 7 partie d'écrites, je me remets à la huitième.
PS : Vous savez cela fait drôle de se relire après un certain temps et on se dit qqfois : mais bordel où est-ce que j'ai été cherché ça.
Si vous allez - et si je vais - jusqu'à la fin, vous serez surpris, je crois.
Ecrit par : zorglub | 21/10/2006
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