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01/10/2005
Nouvelle (courte) : Les Maths et le Grand Albert
Merci à Fromageplus à qui je dois cette idée.
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Il fallait bien se rendre à l’évidence, il allait se planter lamentablement en maths au Bac, et avec un coefficient 7, ça allait faire mal.
Il n’aurait jamais dû écouter son réac de père qui ne voulait pas entendre parler de L ou de section philo. « Usine à chômeurs » disait-il.
Lui, Marc-Albert, avait beau répondre que c’est le système qui voulait ça… que c’est en affrontant le système et par un refus de consommer… qu’en refusant de se plier aux volonté des multinationales…
- Tais-toi, répondait le Père. Passe ton Bac d’abord, et ton bac S. Si tu n’as pas de mention tu rentreras en fac et seras un chômeur surdiplômé, inemployable, remplaçable par n’importe quel Indou. Si tu as une mention tu auras une chance de rentrer dans une grande école. Le seul moyen de t’en sortir est de devenir haut fonctionnaire. Hors de ça pas de salut ! Y a que dans la fonction publique que tu ne crains pas la mondialisation. Après tu changeras la société si tu veux, mais quelque chose me dit qu’une fois que tu auras ta place, tu seras moins avide pour le grand chamboulement.
Et il partait, selon son degré d’alcoolisation, pour un grand éclat de rire rabelaisien, ou pire, un sourire à la Voltaire…
Faut dire que le grand-père avait été le mentor de Con Bendit, il l’avait formé ! Pourtant sa propre progéniture l’avait vu trahir tout ce pour quoi il prétendait avoir lutté. Il s’était fait son beurre, et avait même tourné la baratte.
Il connaissait la communication et le maniement des masses. Comme quoi, le Trotskisme ça sert. Il était passé conseiller chez Danone, avait fait croire que l’emballement papier était meilleur que le verre recyclable, avait piraté le bifidus et était à l’origine de la rumeur qui disait que les capitalistes américains allait racheter le bijou de l’industrie française. Résultat, un bon prodigieux dans les cours de la bourse. Il s’en était mis plein les poches ! L’ancien Pseudo révolutionnaire savait que l’anti américanisme- marchait, et mieux encore, rapportait beaucoup. Ah ! La puissance du Dollar.
Tel était le grand-père de Marc-Albert ! Et c’est pour cela que le Père, « le Paternel », comme il disait, la moue à la bouche, se méfiait des idées et de leur utilisation. Il ne voulait pas que son fils marche la tête baissée. Vaut mieux être fonctionnaire et irresponsable que malfaisant responsable. Telle était sa devise !
- Mais grand-père marche la tête haute, arguait-il !
- Grand-père n’a pas de conscience, était-il rétorqué…
Pourtant dans le sang de Marc Albert, coulait le sang du révolutionnaire. Il aimait les débats d’idées, les nuits passées dans les bouges enfumés à discuter de principes plus ou moins abscons. Marc Albert pérorait, tirait sur ces cigarettes - qu’il roulait - et ses cheveux fillasses quand il était nerveux – et il était toujours tendu : Il voulait convaincre. Le grand père, lui, il le savait, persuadait, ralliait à lui et accessoirement se tirait toutes les secrétaires – La seule chose qu'il roulait c'etait le monde dans la farine.
Il avait visiblement ce qui lui manquait à lui : le charisme.
Marc Albert avait voulu faire ses preuves. Il voulait attirer l’attention de son Grand-père, son approbation. Pour l’instant le génie de la famille ne lui avait accordé aucun regard, noyé qu’il était dans la contemplation de sa propre puissance. L’amour familial ne devait pas être inscrit très haut dans la liste des priorités de l’ancien Trotskiste.
Seul lui prêtait attention son propre père, qui voyait avec horreur le fameux saut des générations, avec un petit quelque chose en moins quand même. Le Paternel ne savait pas ce qui lui faisait le plus peur, ce goût pour la dialectique et l’altruisme ou alors cet excès de pureté et de sincérité . L’aïeul n’avait jamais été sincère, jamais. C’était un survivant, un "battant", dans le sens qu’il battait ceux qui étaient à terre et s’enfuyait quand il se trouvait face à plus fort que lui. Le Paternel savait que Marc Albert n’avait pas ce trait de caractère : Marc Albert n’avait pas de caractère, point final !
Marc Albert voulait être reconnu ! On ne lui avait rien transmis si ce n’est la méfiance qu’une génération pouvait avoir pour l’autre. Et aucune génération ne s’intéressait à lui. Il s’était alors lancé dans la révolte lycéenne. S’y était jeté à corps perdu pour s’apercevoir une fois l’affaire réglée qu’un autre, plus télégénique que lui, avait tiré toute la couverture ! Le petit salaud était même passé chez Fogiel. Lui, Marc Albert avait été passé à tabac ! Il trouvait cela profondément injuste. De plus les autres n’avaient pas suivi la consigne de « grève du bac » qui avait été lancée et il se retrouvait maintenant, seul, avec deux cotes fêlées – ça ne se voyait même pas ! et devant lui la perspective d’un échec majeur. Il ne s’agissait même plus de mention mais d’avoir le bac ou pas !
On en était là !
Son grand-père le prendrait pour un petit con qui ne savait même pas parler en public, qui n’était bon qu’à coté de la photocopieuse. Et son père serait amèrement déçu car il avait suivi la voie du sang, du mauvais sang. Le Paternel tenait de sa mère !
Il ne pouvait s’engager dans un autre combat, surtout quand le Grand-Père était en train de vendre à l’Iraq une formule de Yaourt plus riche en calcium qui fixerait et évacuerait plus facilement la radio activité due aux balles à l’uranium appauvri !
C’est la Paternel qui avait raison : Grand-Père n’avait pas de conscience !
Il n’avait plus qu’a se tourner vers Dieu pour avoir son bac ! Il prierait, il n’avait plus que cela à faire. Sa Grand-Mère, désolée par la vie qu’avait pris son ex trotskiste de mari, c’était tourné vers le New Age, le Karma, les cristaux, les shakra, puis l’âge venant – elle se sentait de moins en moins « new » elle même, elle avait viré religieuse, n’avait plus qu’à croire que le bonheur serait dans l’autre monde puisque, puisque, pour celui-là, visiblement, c’était raté.
Les récompenses de la religion et de l’amour de son prochain (amour spirituel, c’est tout ce qu’elle pouvait se permettre maintenant) étant plus que discutables, elle s’était tournée vers la sorcellerie : Faire souffrir était quand même plus gratifiant…
La voilà la réponse ! Il lui fallait le bac, le bac avec mention. D’après ses calcul, en priant très fort et en allant sur le site internet de Lourdes, et avec de la chance pour pouvait décrocher le papier sésame. Mais pour la mention, il lui faudrait beaucoup, vraiment beaucoup de chances. Seul le Diable était capable de cela. Si ceux qui croyait en Dieu se retrouvaient heureux, cela se saurait. Par définition il ne l’étaient pas ici bas, puisque ils le seraient plus tard. (Marc-Albert n’avait encore jamais rencontré de Protestants américains)
Le Diable ! Voilà la solution ! Il y avait dans la bibliothèque un grand livre antique, nommé le "Grand Albert" - d'ailleurs la grand-mère lui avait dit que son deuxième prénom venait de cette oeuvre. L'ouvrage était coincé entre les boîtes de Valium et de Prozac. Grâce à lui on pouvait invoquer le Malin.
Marc-Albert alla chercher le précieux livre. Le parcouru très rapidement pour voir comment il fallait faire pour appeler le Diable. C’était simple : il suffisait de dessiner un pentacle sur le sol et de mettre un peu de son sang à chaque pointe et se placer au centre. Il serait alors protégé ! Quand le démon apparaîtrait il ne pourrait le prendre pour le dévorer ( ou prendre son âme, le Grand Albert n’était pas très clair sur ce point).
Il invoqua l’esprit des ténèbres.
Celui-ci apparut. Sans roulement de tonnerre, sans électricité vascillante, sans chien qui hurle au loin. IL apparut comme ça !
IL avait l’allure d’un prof de maths !
- Tu m’as appelé, Mortel, que veux-tu ?
- Je suis nul en maths répondit Marc Albert !
- A qui le dis-tu !… dit le Diable
Et il franchi le pentagone que Marc Albert avait dessiné au lieu du pentacle.
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Voilà, c'est écrit un peu vite, mais ça m'a bien amusé!
20:55 Publié dans Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note




Commentaires
Moi ausi !
Ecrit par : Pharamond | 02/10/2005
Et moi donc!
Ecrit par : La konchita | 03/10/2005
et moi pareil.
et puis j'ai eu 7 en math coeff 5 au bac.
Ecrit par : Rodolphe | 03/10/2005
7 en math!
La honte...
Même moi j'ai eu 10...
Bon c'est vrai que c'était à l'oral êt coef 1 donc pas forcément top niveau, mais quand même...
Ecrit par : La konchita | 03/10/2005
Je n'avouerai jamais!
Même si on me condamnait à lire l'oeuvre de Robbe Grillet en écoutant la musique de BellA Bartock ( ortho? ) ce qui est ma vison de l'enfer!
Ecrit par : zorglub | 03/10/2005
Si vous connaissiez la teneur de mon épreuve de math au bac...!! Arf, j'en rigole encore !
Merci pour ce clin d'oeil, cher Z. !
Ecrit par : fromageplus | 03/10/2005
J'ai trouvé la voie, de suis passé de 2 à 17/20 entre la première et la terminale ... A3 pour ceux qui savent ce que cela veut dire
Les maths sont une religion, on met un chiffre à côté d'un autre, ça en fait apparaître un 3e, je suis athée des maths, libérons nos consciences de cette superstition barbare.
Ecrit par : l'homme dans la lune | 06/10/2005
Moi en fait dès le CM2 on m'a dit que j'avais des problèmes de compréhesion mathématique mais étant le pûyné d'une fratrie de 8 enfants qui ont tous faits de grandes choses en étant nuls en maths, j'a toujours cherché et je cherche encore la raison, celle qui me dit pourquoi les maths provoquent des crises d'acné, arf arf arf, c'est vrai quoi, le matheu, il a vraiment un style, le mec de médecine, a un style, le mec de lettres, de philo, de socio, de psycho, de musico, beaux-arts, a un style mais le mec de math sup, ben il a de l'acné, c'est pas juste en même temps, y a pas une étude qui a été publiée là dessus pour essayer de comprendre parce que sinon je veux bien me mettre dès demain sur le créneau, "pourquoi les maths provoquent-ils de l'acné chez ceux qui les étudient?"
Ecrit par : nobodyknowsiamgay | 12/12/2005
quoi zorglub, tu n'aimes pas Bartok!, "chocolate in your face" Bartok le grand, Bartok le beau, Bartok quoi.
Ah Bela, si tu nous entends, reviens jouer demain au théâtre des Champs Elysées....
Ecrit par : nobodyknowsiamgay | 12/12/2005
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