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07/02/2006
Nouvelles en cours : Attirances 7 (Nouveau)
Maintenant, une extase plus tard, il était étendu de toute sa longueur sur les tatamis. Il connaissait la différence entre le sexe et l’amour, pour avoir eu trop de l’un et pas assez de l’autre. Mais ça ! Ça … c’était autre chose. Un autre monde, une autre dimension.
Il revenait, pour sûr, mais d’où ?
(Suite ) --->
Il se tourna vers elle. Son regard fut captivé par la présence d’une marque qu’elle avait au milieu du dos. Comme une verrue qui aurait été écrasée… Cette tache avait de l’importance, elle lui rappelait quelque chose !
La cicatrice ! C’était cela, la cicatrice qu’elle avait sur la poitrine. Il se souvint : quand il l’avait vue, il avait été pris d’un frisson et une décharge de malaise s’était répandue dans l’intégrité de son corps. Elle était exactement au même endroit que la plaie béante qu’il avait vue dans ses cauchemars.
Joanna avait bien saisi que le frisson qui s’était emparé de lui n’avait rien à voir avec la passion physique. Elle lui avait pris le menton dans les mains et avait dit : « Oh ! ça ! … C’est juste une grosseur que mes parents ont fait enlever quand j’étais bébé. Embrasse-là, oui, comme ça…. Douuucement ! »
La poitrine était fort belle et fort douce, la nature prit le dessus et le trouble le dessous… Enfin, pour le moment !
Car en fait, comment savait-il qu’elle avait quelque chose sur la poitrine ? Il avait vu ce sein maintes fois dans ses rêves ; et toujours coupé, lacéré, saignant. Sa vision avait toujours, toujours, été associée à un sentiment très fort de douleur et de chagrin. Chose assez inhabituelle pour un sein.
N’était-ce pas les mots qu’elle avait utilisés pour parler de ses rêves, ses rêves à elle, au sujet de La Rochelle. Il n’avait prêté aucune attention à ce qu’elle lui avait dit sur la plage, mais peut-être qu’il aurait dû. Non, elle n’avait pas dit ça exactement, mais c’est ce que ça voulait dire. Ou alors est-ce qu’il projetait ses propres angoisses ? Ses propres démons ?
« Oh, bon, ça suffit ! se dit-il soudainement ! Je ne suis sûrement pas le premier à rêver d’une poitrine de femme. Et quelle poitrine ! Ca me change des tailles japonaises ! C’est peut-être tout simplement ça qui m’impressionne. L’inconscient a ses raisons que la raison ne connaît pas !…
Juste à ce moment, elle exhala un soupir, fort et puissant. Il se pencha au dessus de sa tête et vit bien qu’elle faisait le maximum d’efforts pour rester où elle était. Il l’embrassa sur la nuque. Le soupir se transforma en grognement. Elle revenait.., elle aussi…, elle revenait à la vie….
La vie ? C’était plus comme retourner dans la caverne de Platon après avoir connu l’autre monde, le « vrai monde ». Est-ce que comme lui, elle revenait vers un univers d’ombre et d’illusions ?
***
Dire qu’ils étaient troublés serait une douce litote, un « understatement » comme disent les anglo-saxon. Réaliser à un âge dit mûr que le sexe, l’amour et la spiritualité peuvent se mélanger est une raison suffisante pour éprouver une certaine déstabilisation.
Ils étaient très troublés.
Jamais auparavant ne s’étaient-ils sentis si proches de quelqu’un d’autre, jamais ils n’avaient eu tant en commun, n’avait partagés si profondément, si intensément : Le mélange de deux corps, de deux esprits, deux âmes, et, et, le « contact ». Cela avait été quasi-mystique.
- L enfant étoile de « 2001 », dit-elle.
- Oui, répondit-il, oui, mais sans drogue. Qu’est-ce que tu penses que ça veuille dire ?
- Je ne sais pas.
Elle remonta les draps pour couvrir sa poitrine. La cicatrice l’hypnotisait.
- Tu penses que nous sommes différents ? Spéciaux ?
- J’en ai bien peur. Nous sommes montés jusqu’au septième ciel tel que Saint Paul le décrivait… ou peut-être pas, peut-être que ce n’était que le sixième… L’expectase ? L’extase ? Très peu de personne sont arrivées jusque là. Quelques mystiques peut-être… Alors, oui, je pense que nous sommes différents, ou peut-être même « choisis ».
- Moi aussi je me sens spéciale et tu sais quoi ? D’un point de vue très pratique, c’est dangereux.
Disant cela, elle avait lâché la bordure du drap qui avait glissé et dévoilé à nouveau son sein. « Oh ! cette cicatrice ! Pourquoi donc est-ce que je la connais si bien ? ».
- Oui, c’est dangereux, reprit-elle ! Et tu le sais ! Ce sentiment d’être si « spécial », unique, ce savoir inné que personne ne pouvait nous comprendre, c’est ce qui nous a amené à la bouteille, à la gnole, l’Alcool avec un grand A comme dans : « Attention ! »
- Vraiment ? Je sais, c’est ce que le « Big Book * » nous dit. Mais si c’était vrai que nous sommes différents. Toute ma vie j’ai su que je n’étais pas comme les autres, que j’ étais fait pour de grandes choses. J’ai toujours su « qu’un jour » quelque chose arriverait. Et je crois bien que ce « un jour » c’est aujourd’hui… Mais je n’avais jamais imaginé que ce serait de cet ordre là, que ce serait comme ça !
Elle remonta le drap. Ce geste le mis mal à l’aise. Le sein, encore…
- Et alors ? Moi aussi, tu sais, comme tous ceux qui sont aux A.A. et comme tous ceux qui devraient y être. Comme ils disent dans les « meetings » : << Nous souffrons d’un sentiment létal de différence**>> mais la seule « grande chose » que nous ayons accompli a été de vider gallons sur gallons de « booze » - des tonneaux et des tonneaux de « petits verres ». Ca, pour sûr, aucun autre être humain normal n’aurait pu le faire.
- Ouais ! je sais, j’ai déjà entendu ça trop de fois... Mais juste l’idée d’être comme tout le monde suffit à me soulever l’estomac. Je n’ai jamais cru, et je ne crois toujours pas que cela s’applique à moi. Et soit un peu honnête avec toi ! Toi non plus, tu n’y as jamais cru. Tu as fait semblant d’y croire, dans les meetings…Comme les autres d’ailleurs… Ajouta-t-il dans un rictus.
Elle soupira ! Ce qu’il venait de dire, elle aurait pu le dire elle-même. Pendant combien d’années à Bâton Rouge, avait-elle joué le rôle de la princesse qui attendait le Prince Charmant. Dieu qu’elle l’avait attendu l’Homme qui du premier regard saurait combien elle était différente – en quoi, elle ne le savait pas trop.. – mais elle avait attendu. Et bu, et bu et bu. Et puis William était apparu. Difficile de l’appeler un prince charmant, mais c’était un poète, un rebelle sans cause, et ce serait elle qui serait sa muse. C’était aussi bien qu’une princesse, une muse. Après tout, dans la mythologie grecque, les muses étaient des déesse…
Faudrait un jour qu’elle parle de cet aspect de son passé à Stéphane.
Lui, Stéphane, continuait à discourir, sans avoir remarqué que Joanna s’était perdue dans son monde intérieur.
- « Rappelle-toi ! quand nous nous sommes rencontrés, nous avons immédiatement su que nous étions fait l’un pour l’autre ! Ce n’est pas rien ça ! et puis il y avait ces rêves, ces rêves qui revenaient toujours, ils ne voulaient rien dire, eux ? Tu savais quelque chose au sujet de La Rochelle, et je savais au sujet de ta cicatrice…. »
- La cicatrice ? Qu’est-ce que tu veux dire ? Oh, ça !…
Elle rabaissa le drap et pointa du doigt la petite marque sur sa peau.
- Ca se voit à peine, et je t’ai déjà dit que…
- Oui, je sais, tu m’as déjà expliqué. Mais le fait est que je savais que tu avais cette marque. Tiens, il y a une chose que je voudrais savoir, est-ce que tu as rêvé d’une horloge ?
-…
- Est-ce que tu as rêvé d’une horloge ?
- Oui, maintenant que tu le dis, je m’en souviens : j’ai rêvé une très haute horloge, mais comment est-ce que tu sais ça ? Oh, Mon Dieu, serait-il possible que tu aies raison ? Oui, c’est vrai, c’est vrai, j’ai rêvé d’une horloge et les aiguille indiquent quelques minutes avant minuit. Je suis dans une chambre et tu es prêt moi dans un grand lit en bois et il y a quelque chose qui vient… quelque chose qui vient pour nous attraper, quelque chose qui nous veut du mal....
- Tu vois ce que je veux dire… J’ai vu la même chose… enfin je crois, mais dans mes rêves, il y a aussi la grande horloge, le lit au montants de bois, l’heure est minuit moins le quart, dans mon cas, et il y a ce truc dehors qui représente un danger ! Oui, moi aussi, j’ai vu ça !
Il sortit une cigarette de la poche de son pantalon qui gisait sur les tatamis, à portée de main. Il mis la clope à la bouche et ne s’embêta même pas de chercher un briquet ou un cendrier. Il était allongé, appuyé sur son coude gauche. Il la regarda, fixa son sein, la cicatrice, et timidement, avec une pointe de honte, il lui demanda :
- Tu crois en la réincarnation, les vies antérieures, et tout ce genre de truc ?
A peine eut-il prononcé ces mots, il fouilla à nouveau dans sa poche, en tira un briquet et alluma sa cigarette.
Elle prit une brosse à cheveux et commença à se la passer dans sa crinière. Ses mouvements étaient lents et sensuels.
- J’avais peur que tu me poses la question… J’y ai pensé.
En silence, elle repris le brossage des ses cheveux. L’humidité qui arrivait avec le typhon lui collait les cheveux sur le crâne. Elle ressemblait à un danseur argentin qui aurait trop mis de brillantine.
- Oui, j’ai toujours trouvé ça ridicule, mais quand tu as dit que, de La Rochelle, il y avait eu beaucoup de gens qui avaient déportés pour la Louisiane, quelque chose à cliqué dans ma tête : Je ne suis pas Cajun, ma famille ne vient pas du Canada. Ils ont été déportés de France. Du côté de ma mère, il y a une rumeur, ou plutôt une légende qui dit qu’une de nos aïeules est venue ici parce qu’elle avait été condamnée comme sorcière. C’était juste à l’époque où l’on avait arrêté de brûler les sorcières en France…
Les coups de brosse sur sa chevelure se faisaient de plus en plus forts et rapides.
Il commença à promener son regard, à la recherche d’un cendrier. Il regrettait d’avoir posé la question.
Silence ! Et le chants des cigales…
Finalement, elle dit :
- Tu as raison, il y a quelque chose de spécial. Des vies antérieures, le Karma ? je ne sais pas et je préfère ne pas savoir, mais tu as raison, il a y quelque chose.
- Et par dessus tout, il y a la nuit dernière.
- Oui ! La nuit dernière… Qu’est-ce que tout cela veut bien dire ?
- Je ne sais pas mais quelque chose va se passer. Il ne peut en être autrement…
Il allait prendre une autre cigarette, mais son paquet était vide. Il l’écrasa dans son poing et le lança à l’autre bout de la pièce.
- Il faut que j’aille acheter des cigarettes. Ça ne sert à rien de rester là, à se demander ce qui s’est passé, ce qui se passe et ce qui va se passer. Viens avec moi, il y a des cirés dans le « genkan », je veux dire l’entrée. On va marcher le long de la jetée. Un typhon, c’est grandiose, et ça vaut le coup d’être vu. On sera trempés comme des soupes, mais ça vaut le coup, et puis ça nous changera les idées. Allez ! On y va !
** : - « Terminal Uniqueness » est le terme employé par le Big Book _ Note de mauvaise traduction.
18:05 Publié dans Japon, Nouvelle en cours | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note




Commentaires
Wouah putain, t'as inséré le CD de word dans ton cul au quoi ? Bon, je vais lire tout ça tranquillement. Et puis je reviens.
Ecrit par : empcam | 08/02/2006
tu y crois, toi, en la réincarnation ?...sans doute un peu puisque tu en parles. Ou alors c'est un sujet qui te passionne.
C'est toujours prenant ! continue...
Ecrit par : tinou | 08/02/2006
Je ne vois pas ce que tu entends par ADN inutile. Pour moi cela est une découverte importante puisqu'elle permet de découvrir des meurtriers par exemple grace à leur ADN. Explique-moi plus par mail si tu veux...
Ecrit par : tinou | 09/02/2006
C'est un truc assez bizarre.
Pour simplifier dans l'ADN, il y a une partie que l'on comprend ( ça m'étonnerait, mais c'est ce que disent les scientifiques), cette partie est le code qui te "fait" si je puis dire, c'est dans ce fameux adn que l'on trouve certaine partie de codage qui te sont propres à toi meme et à personne d'autre - sauf si tu as un jumeau
Et puis il y a une autre partie du génome qui laisse tout le monde perplexe. On ne sait pas à quoi ça sert. Donc certains l'ont appelé inutile.
Moi, c'est ça qui me laisse perplexe. JE trouve que c'est une preuve d'orgueil que de dire que qqch est inutile parce que l'on ne le comprend pas.
Ca me rappelle cet homme au XIX° siècle qui avait demissionné de l'academie des sciences ( ou qqch d'approchant) de Chicago, car il croyait qu'il n'y avait plus rien à découvrir.
PS= je m'excuse auprès de tous ceux qui ont une formation scientifique, ils doivent bien rigoler en voyant mon explication, mais je fais ce que je peux.
Ecrit par : Zorglub | 09/02/2006
(putain, j'arrive pas à tout lire, il faut que j'imprime ça, c'est plsu simple).
Ecrit par : empcam | 10/02/2006
C'est gentil de te donner tant de mal!
J'espère qu'au moins ça te plaira
Ecrit par : Zorglub | 10/02/2006
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