« La chute : Le dernier Alain Soral | Page d'accueil | La censure des blogs, ça se précise en douceur »
17/04/2006
Google bâti une nouvelle muraille de Chine
Copié-collé venant de PC Impact :

Voilà quelques années, des juristes d’Harvard, Ben Edelman et Jonathan Zittrain, démontraient que Google n’affichait pas les mêmes résultats internationaux selon que l’examen se faisait depuis les pages .fr ou .de (France-Allemagne) d’un côté, ou .com de l’autre. L’explication ? Le moteur filtrait discrètement ces versions locales notamment pour les requêtes liées au nazisme, à l’antisémitisme, et ce pour des considérations légales. Même si ces sites sont condamnables, l’information avait eu son retentissement à l’époque puisque nulle part le moteur ne communiquait sur ces points. Il laissait ainsi dans le brouillard les sociologues ou historiens qui étudiaient ce secteur.
L’histoire se répète ces jours-ci, dans des circonstances différentes : cela se passe en Chine cette fois et dans un sens bien plus épineux encore. Google va en effet lancer officiellement Google.cn son service de recherche en langue chinoise, hébergé dans le pays. Une version antérieure préexistait, mais seulement accessible par le suffixe .com américain. Toutefois, le moteur a admis que cette ouverture ne s’est faite qu’après avoir fait la courbette devant les lois de censures. Le site coupera en effet les liens avec des sites dont l’accès est interdit par les autorités. En fermant les yeux sur des listes entières d’adresses, il se voit ainsi ouvrir les bras du gouvernement.
On imagine que le massacre de Tian'anmen, l’indépendance de Taiwan et autres joyeux sujets seront dans le train de l’oubliette. Révélée par le Wall Street Journal, l’information risque d’égratigner un peu plus l’image de ces grosses entreprises étrangères qui cherchent à s’implanter dans ce pays en plein boum. Google estime cependant avoir atteint un équilibre entre respect des lois en vigueur et fonctionnalité du moteur. Afin de crever l’abcès de la critique, le moteur prévoit d’indiquer en bas de la page des résultats que ceux-ci font l’objet de restrictions gouvernementales. La mesure doit encore être avalisée par les autorités. Et quand bien même, est-ce que cela sera suffisant ?
« C’est une véritable honte » note par exemple Julien Pain, responsable de Reporters Sans Frontières cité par Reuters, « quand un moteur de recherche collabore avec un gouvernement comme cela, il devient encore plus facile pour le gouvernement chinois de contrôler ce qui est en train de se dire sur le net. »
Autre extrait , toujours de PC Impact

Ça moissonne dur chez Google, et l'on prévoit d'engranger un maximum de blé dans les prochaines années. 129 millions de dollars, c'était le marché estimé de la recherche sur Internet en 2005 en Chine en pleine expansion. En bon pater dominus qu'il est, Google adapte ses cultures au type de terrain, et pour ce faire, change de nom.
Pour plaire à ses utilisateurs de l'Empire du milieu, Google adopte le nom poétique de Gu Ge, qui parlera peu pour un non-sinologue, mais qui signifie « chanson de la moisson du grain ».
Pour ne pas paraître présomptueux, Google met les bouchées doubles, engageant des ingénieurs nationaux, rapatriant des pontes de la Silicon Valley, ou des « scientifiques internationaux. » La firme prévoit d'atteindre « quelques milliers de personnes » dans les prochaines années, avec des centres de recherches à Pékin (Beijing), Shanghai, et pourquoi pas d'autres villes comme Canton (Guangzhou) tout en maintenant son centre à Taipei (Taïwan).
Le conseil d'administration annonce se lancer dans la numérisation de livres en chinois, en collaboration avec des bibliothèques locales, pour se créer une grosse « base de données », qui sera sûrement présentée sur Google book.
Le petit Gu Ge est pour le moment à la traîne, en particulier face à son concurrent local Baidu, mais Google, confiant, se targue d'être celui qui « [se développe] le plus rapidement. »
------
La censure, un biseness qui marche bien!
Que chacun la ferme et les affaires iront bien!
11:35 Publié dans International, Oppression, Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note




Commentaires
Cela rappelle les entreprises qui ont collaboré avec le nazisme avant la seconde guerre mondiale.
Encore que ces entreprises ne participaient pas directement au totalitarisme mais considéraient que l'argent n'avait pas d'odeur. Alors dans le cas présent, Google participe directement à la lutte contre la démocratie.
Ecrit par : Cadichon | 17/04/2006
A plus tard
(interruption momentanée des programmes).
Ecrit par : empcam | 18/04/2006
Parmi ceux qui ont fait fortune avec les nazis, il y avait le grand-père Kennedy et si je ne m'abuse le grand-père Bush...
Les enfants des fondateurs de google seront-ils nos nouveaux maîtres?
Au moins pour Google, ils ne pourront pas dire qu'ils ne savaient pas, ce serait un comble pour une société de "communication".
Ecrit par : zorglub | 18/04/2006
Au sujet de la liber[bug]
Ecrit par : zorglub | 18/04/2006
Ecrire un commentaire