« Shoah l'dire à Mamère! | Page d'accueil | Deux vitesses ou double plateau pour la justice? Chirac prépare sa retraite. »
21/05/2006
Nouvelle : Les Carottes sont cuites!

Dans l'arrière boutique de Joseph, les volets étaient mis et on avait tiré les rideaux. L'antre était en amphithéâtre : toutes les chaises étaient en demi-cercle autour de la T.S.F. Ce serait le chantre, le « déclameur », il n' y aurait pas d'acteurs : On était dans une tragédie antique! A la fin de la représentation, il n'y aurait que des coups d'oeil sous entendus, peut-être quelques commentaires à voix basse, mais rien de plus.
C'était une cérémonie, une messe! Mais une messe basse, sans répondant, sans participant. Chacun regardait sa montre : ça allait être l'heure de la communion avec « Londres » ...
Joseph oriente une dernière fois l'antenne. Il faut être précis et avoir le geste sûr. A huit heures, on enverrait le gamin faire pipi dehors. Il prendrait un bout de temps. Il fallait voir s’il n’y avait pas de soldats aux alentours. Quand Pierrot reviendrait, ange d’une sécurité toute provisoire, Joseph, alors, tel un prêtre, s’approcherait du tabernacle, avancerait doucement vers la TSF, et d’un geste lent, solennel, poserait sa grosse main rouge et calleuse sur le bouton de gauche, le tournerait : cela ferait un grand « clic ».
Ce qui viendrait d'abord aux oreilles serait la fameuse crécelle du bruitage, l'hymne d'entrée, l' « Introït » . Au bout d'un certain temps, si chacun l'entendait, personne ne l'écouterait. C'était le rituel. Les oreilles filtraient naturellement :
Bom, Bom, bom, bom, bom .....Bom, Bom, bom, bom, bom... "Ici Londres, les Français parlent aux Français. Bom, bom, bom, bom. Ici Londres, les Français parlent aux Français. »
Alors on aurait les « nouvelles » . Des nouvelles de l' « Autre Coté », des Français et des Alliés! ...
Mais on se méfiait quand même .
On savait décrypter les codes de langage. Des mots comme « repli stratégique » voulaient dire : fuite en pagaille. Ça on le savait parce que c'est ce qu' « ils » avaient dit lors de la gigantesque pilée qu' « ils » avaient prise dans le Pas de Calais. Replis stratégique pour un embarquement plus que précipité et fortement désordonné vers la Mère Patrie...
...Enfin « leur » Mère Patrie....
Même le mot débarquement, ce qui était pourtant ce que l'on attendait, on s'en méfait. « Tentative de débarquement » c'est l'expression qu'ils avaient utilisée pour le carnage de Dieppe en 42! Au moment où les Frisés étaient les plus forts! Et puis débarquer à Dieppe, je vous demande un peu! ... Où est-ce qu'on peut débarquer à Dieppe en dehors de l'embarcadère?
On savait bien ce qui c'était passé, on habitait à côté. Et les fanfaronnades des Allemands n'étaient pas du tout des vantardises! Pas du tout!
Mais c'est vrai que maintenant les Américains étaient rentrés dans la danse. Les anciens poilus qui avaient combattu à leur côté en 17 et 18 savaient que leurs officiers étaient beaucoup plus soucieux de la vie de leurs « boys » que les sous off français de la vie du bidasse, toujours considéré comme de la chair à canon.
Alors les nouvelles anglaises on s'en méfiait tout autant que de la propagande allemande. Tout ce qu'on savait c'est que les Rosbifs dérouillaient sérieusement avec les V1 : Il y avait un terrain de lancement tout juste à côté d'ici à Etretat. Et ça, on n'en parlait pas à la BBC!
Maintenant quand les Anglais entendaient ce nom célèbre, ils ne devaient pas penser à l'aiguille! Et encore, ce n'était que des V1! Il paraît qu'il y en avait des beaucoup plus rapides et de beaucoup plus puissants qu'on n'entendait même pas venir... C'est du moins ce que disait un ingénieur Alsacien qui venait de la Norvège.
En fait, on n'était pas trop mécontent que les British en bavent un peu. Ils étaient encore indépendants eux et ils nous avaient laissé tomber. En fait c'est à cause d'eux qu'on se faisait bombarder. La propagande allemande insistait beaucoup là-dessus. De nombreux « bons Français » étaient d'accord.
Et ici, si on n'aimait pas beaucoup les « Roastbeef », on n'aimait encore moins les « vert de gris ». Surtout quand ils sont chez nous. Un Normand en général, et un Cauchois en particulier, est un être indépendant. Plus de 1000 ans de Christianisme l'avait un peu calmé, mais tout juste. Ces gens-là ne s'entretuaient plus pour conquérir, mais dès qu'on touchait à leur terre, à leur pêche, Odin, en eux se réveillait. Le dieu borgne leur convenait toujours, même si on avait effacé son nom de leur mémoire collective. On n'aimait déjà pas les horzains – Homme né hors de la commune, et pour les larges d'esprit, hors du Pays de caux -, alors les Chleuh pas question.
A sir Hillary on avait posé la question : pourquoi avez-vous escaladé l'Everest, il avait répondu : « Parce qu'il était là ». Pourquoi, eux, luttaient-ils contre les Allemands? Parce qu'ils étaient là, tout simplement.
« Et maintenant voici nos messages personnels ». Le corps des auditeurs se penchait un peu plus en avant vers le poste. Il y avait là-bas des fils, des frères, des pères, des oncles et même des fiancés.
Cela faisait toujours ricaner Horlaville. Ils étaient partis pour lutter contre le nazisme. Ben voyons! ... Le fait est que, des campagnes, étaient partis ceux qui n'avaient pas de biens. (Qu'est-ce qu'ils avaient à risquer?) ou alors ceux qui trouvaient la terre trop basse.
Quand on a de la terre, on la défend où elle est! Ou alors on se bat pour que les « Autres » ne puissent pas l'atteindre, comme lui, Joseph, l'avait fait durant la Première Guerre Mondiale. Il avait défendu sa terre, là-bas, dans la boue de Verdun et le sang du Chemin des Dames. De la terre il en avait même avalé! Mais il avait défendu son fief, ses champs, sa ferme. A cette époque, c'était ça le courage.
Maintenant le vrai courage s'était de se lever le matin pour aller traire les vaches ou d'aller travailler la terre. La terre, bon Dieu : Y a qu'ça de vrai!
De plus, le fameux Bom, bom, bom, bom, c'était bien l'ouverture de la cinquième symphonie de Beethoven : un Chleuh! Joseph n'aimait pas les Chleuh. Ça ne lui plaisait pas trop cet indicatif. On aurait quand même pu prendre autre chose.
Et puis lui, Joseph Horlaville, il avait trouvé le moyen de défendre son bien tout en restant dessus : Il envoyait de temps en temps des renseignements à Londres sur le fameux mur de l'Atlantique. Tout ça en souvenir de ceux qui avaient laissé leur peau à Verdun. Il n'avait pas envie de jouer aux cow-boys et aux Indiens. Pas envie d'être sous les ordre d'un petit jeunot qui tiendrait ses ordres de Dieu sait qui?
Pourquoi tuer des Allemands (très dangereux ça!) alors qu'on pouvait faire son beurre avec eux, beurre qu'on leur vendait d'ailleurs fort cher. Presque aussi cher qu'aux gens de la ville. Ceux-là venaient pour le ravitaillement. Ce qu'on pouvait les entuber ces gugus : ils crevaient de faim dans les villes! Mais ils avaient des sous! ...
On ne vendait pas encore dans les casernes des Boches (quoique! ...), mais eux ils avaient besoin de matériaux pour leur fameux « Mur de l'Atlantique », et ils achetaient en gros.
Dans le village il y en avait plus d'un qui avait trouvé un net avantage à l'occupation. Y avait bien sûr les idéalistes, les gaullistes, les communistes -- rares ceux-là, on les trouvait beaucoup plus dans les villes -- et puis ceux qui s'étaient battus en 14. Ils n'aimaient pas trop de s'être fait écloper pour rien ni même que leurs copains soient morts pour rien : Les Boches étaient de retour! Mais il faut bien dire que tout cela n'était qu'une minorité.
Joseph n'était pas de ceux-là. Il s'était battu en 14 contre les vert de gris, il savait ce qu'ils valaient. Ce n'était pas un tendre. Mais il les respectait : Ça c'étaient des soldats! Mais nous aussi bordel! Seulement en 14, l'arrière était avec nous. Ce coup-ci, même l'armée n'était pas avec nous... sans parler de l'Etat Major... Quant aux civils, ils vendraient le premier juif venu pour une paire de chaussures en cuir ( une paire de chaussure en carton bouilli pour un bohémien : ils étaient plus faciles à repérer, pour les pédés, c'était juste pour accomplir la colère de Dieu, on le faisait gratuitement).
Alors vraiment pourquoi risquer sa vie alors que l'armée Française avait perdu la France en moins de temps que les Polonais avaient perdu Varsovie. L'Angleterre, l'Amérique, on pouvait y croire, mais les autres...
A croire que tout le monde s'en foutait, alors il ne voyait vraiment pas pourquoi lui, Joseph Horlaville irait jouer les héros. Passer des informations cela suffisait bien! Déjà que sa terre il en avait perdu un bout et ça ne lui plaisait sacrément pas.
Ça, on peut dire que ça le motivait. Ça le motivait même drôlement.
Mais il la récupérerait, sa terre, parce que c'était sa terre. C'était aussi simple que ça! Ce n'était qu'une question de patience. C'est pour çà aussi qu'il était bon de se faire voir, dans un petit groupe bien choisi, en train d'écouter Radio-Londres : Le vent tournait.
Sa guerre à lui, elle était personnelle. Son ennemi, c'était le maire, ou plutôt l'ancien adjoint au maire. Celui-ci, Ménard, avait soufflé à l'oreille de la Kommandantur que le véritable nom du Maire -- hobereau respecté de chacun -- était, avant 1921, Debrejowski et que comme vieille noblesse française, on pouvait trouver mieux.
Un jour, donc, le comte de Bray et toute sa famille avaient tout simplement disparus. Sans laisser de traces. Ménard était devenu le nouveau maire et entretenait avec les Allemands des relations pour le moins privilégiées : pour protéger les « vrais français», disait-il.
Il avait surtout protégé ses comptes personnels. Il avait eu droit au château du comte en remerciement. Il en avait surtout profité pour annuler le bail que Joseph avait avec le comte de Bray : Le champ de Joseph, celui où il plantait ses carottes. Sa famille avait cultivé ce champ pendant plus de générations qu'il ne pouvait en compter. Oui, mais voilà « Tout contrat passé avec un juif, un usurpateur, était nul et non avenu ». Surtout que le contrat n'était qu'oral, un vieux « top-là! Cochon qui s’en dédit »une claque dans la main et l'affaire était conclue. Il n'y avait pas besoin de papier entre gens qui avaient été à la communale ensemble. Les Horlaville avaient toujours eu la terre des de Bray en fermage depuis au moins le temps de leurs arrière grand-pères et personne n'y avait rien trouvé à redire. Ni le notaire, ni les impôts.... En plus ils n'avait jamais accordé aux Ménard un droit de passage pour aller faire boire leur bêtes à la mare qui leur appartenait, mais se trouvait de l'autre côté du champ de Joseph. Cela avait augmenté le plaisir et, bien sûr accru la haine qui scellait les deux familles depuis qu'il y avait des Horlaville et des Ménard dans la commune.
Enfin, aujourd'hui, Joseph était avec les autres, ni plus, ni moins. Les défaites successives de l'armée allemande semblaient insuffler un grain de patriotisme chez ses concitoyens.
De plus en plus nombreux étaient ceux qui commençaient à laisser tomber le Maréchal au profit du Général. Ils allaient écouter la BBC. Tous ceux qui étaient là se trouvaient très courageux, quasi résistants. De toute manière après la guerre ils sauraient faire preuve de leur fantastique courage : ils avaient osé écouter la BBC, et il y aurait des témoins pour le prouver. Joseph en était.
Les messages allaient enfin commencer.
Le premier disait « Les sanglots longs des violons bercent mon coeur d'une langueur monotone ».
Quelque part dans les maquis du nord de la France ce fut le branle bas de combat et on commença à sortir les armes de leurs cachettes.
Le deuxième poursuivait : « Les carottes sont cuites, je répète, les carottes sont cuites ».
Joseph blêmit à peine. Aucun de ses voisins n'avait remarqué quoi que ce soit, ils avaient tous les yeux rivés sur le haut-parleur de la radio. Joseph lissa ses longues moustaches qu'il portait longues et raides. Elles étaient parfaites, sauf le petit trou jauni qui était dû à son éternelle cigarette papier maïs perpétuellement fixée au coin droit de ses lèvres et perpétuellement éteinte. Nerveux, il sortit le briquet de la poche de son gilet et entreprit de rallumer son mégot. La sueur perlait à son front : Demain en Normandie il y aurait un sacré coup de bambou! Joseph donnait des informations, Joseph recevait des informations.
C'était la guerre, mais c'était une drôle de guerre. Au moins en 14 les choses étaient claires. D'un côté il y avait les Français --avec leurs alliés -- et de l'autre, les Prussiens -- également avec leur alliés. Maintenant c'était une toute autre chose. Les Allemands étaient chez nous, et il était bien obligé de reconnaître que ce n'était pas tous des salauds. Il y en avait combien qui ne voulaient pas être ici? Evidemment de l'autre côté il y avait la Gestapo. Ceux-là... Mais i faut bien dire qu'à la campagne on ne les voyait guère.
Non! Le pire c'était encore les Français! Ils n'avaient que deux obsessions : le ravitaillement et savoir d'où le vent soufflait.
Pas plus tard qu'il y a six mois, la moitié de la population parisienne acclamait le Maréchal Pétain. On verra ce que cela donnera si le message des carottes voulait bien dire ce qu'Horlaville pensait : Le débarquement était pour demain! Je te parie que si les alliés débarquaient avec De Gaulle, il y aurait une autre moitié de Paris qui l'acclamerait. Peut-être pas une autre moitié... Il y aurait sûrement les mêmes ...
Personnellement il n'en voulait pas tellement aux Boches. Eux, ils payaient! Ce fumier de Ménard lui avait volé sa terre, et c'est une chose qu'un paysan pardonne rarement. Joseph Horlaville, lui, ne pardonnait jamais.
Ménard allait être salement embêté si les Yankee débarquaient. Les sous-sols de "son" châteaux étaient plein de béton, de fil de fer barbelé, le fil électrique et de tout de qui pouvaient servir à la construction de leur putain de mur. Et puis le mur, parlons-en. Il avait été construit par les prisonniers Français, Belges, Hollandais, Russes, Lituaniens, Serbes etc... et le moins qu'on puisse dire c'est qu'ils ne mettaient pas beaucoup de coeur à l'ouvrage. Dès qu'ils pouvaient saloper un boulot, ils le faisaient.
Joseph était parfaitement au courant et donc Londres le savait. Il était certainement moins infranchissable que ce que la propagande allemande voulait bien dire. Il y avait même des canons qui ne pouvaient pas pivoter assez pour couvrir toute l'étendue d'une baie. Quant aux munitions, c'était une autre affaire : c'était bien rare que le calibre des canons soit le même que celui des obus. Un mur! Tu parles! Une passoire oui!
Le matin, Joseph avait été surpris par la longue colonne de fumée qui montait à l'ouest. Ce devait être l' entrepôt de carburant du Havre. Marrant qu'il se soit trompé à ce point-là, il aurait plutôt cru que le débarquement se passerait du côté de Dieppe, comme la dernière fois. Il faut bien dire que cela avait été un redoutable échec, mais la BBC insistait et disait que tout se passait en Basse Normandie. Bizarre! Un pays de bocage, plein de petites champs et séparés par des haies. Ce ne serait pas une guerre de mouvement mais une guérilla. Les alliés allaient en baver.
Bon! Les English et les autres allaient mettre du temps pour arriver ici, il allait falloir être prudent avec Ménard et toute sa tribu.
Au début, il se disait que cinq bonnes cartouches feraient l'affaire. Il allait falloir revoir le plan. Le meilleur moyen serait encore le poison : Le Château des du Bray était alimenté en eau par une citerne. Il n'y avait pas de rivière près de la propriété. Juste deux citernes, une grande pour le bétail et une autre, plus petite, pour les hommes.
La nuit du six juin fut une des plus calmes qu'on ait jamais vue. Bien sûr on entendait les canons et les bombardements au loin, mais il n'y avait plus un seul Allemand dans le village. Ils étaient tous partis vers ce que plus tard on appellerait « les plages du débarquement ».
Ce fut assez facile d'emporter un grand sac de désherbant et de le verser dans la citerne. La nuit, évidemment, était sans lune--il ne fallait tout de même pas prendre les alliés pour de cons--, et Horlaville connaissait parfaitement le terrain. Après tout, Ménard, c'était son voisin. Et puis merde! C'était son terrain!
Le lendemain matin, vers 8 heures, il vint faire une petite visite de courtoisie chez les Ménard. Ils étaient tous affalés devant leur bol et même le chien gisait devant son écuelle. Dans les bols, il y avait du café, du vrai! --car les salauds avaient trouvé le moyen de se payer du vrai café, pas cette saloperie à base d'orge. Il faut dire qu'ils avaient des relations, et qu'ils avaient pas mal de monnaie d'échange pour le ravitaillement.
Il n'y avait personne dans la campagne, tout le monde se terrait par peur des bombes. Il paraissait que les alliés avaient complètement détruit Le Havre, la gare, le port et tout ce qu'il y avait autour et que la prochaine cible serait les raffineries de Rouen.
Rouen ce n'était pas loin.
Un par un il ramena les corps dans ce qui était « son » champs de carottes et creusa un trou en forme de croix de Lorraine. En fait, c'était trois tranchées qui se recoupaient en forme de une croix de Lorraine. (Et les tranchées, il connaissait).
A la tête, il mit le père, puis en perpendiculaire, la mère, avec tous ses bijoux (ceux des du Bray d'ailleurs). Un autre fils, le George dans l'axe du père, puis les deux autre bons à rien en perpendiculaire au George. Pour terminer la Croix de Lorraine il mit le chien qu'était quand même bien une sale bête. La croix était terminée, et il la recouvrit le tout de terre. Y a pas à dire, cela avait de la gueule!!!
Et pour terminer le tout il planta des graines de carottes. C'est joli les fleurs de carottes. Un jour, en voyage de noces il avait visité les jardins du château de Villandry et il avait vu ce qu'on pouvait faire avec des légumes. Il suffisait de ne pas récolter tout de suite. C'était très joli comme fleurs. Car les carottes seraient poussées il les mangerait et planterait autre chose, mais dans ce champs il y aurait toujours une Croix de Lorraine.
... Et personne n'aurait l'idée d'aller voir ce qu'il y avait dessous. Ce serait un sacrilège!
Pour les carottes il les mangerait râpées. La vengeance est un plat qui se mange froid.

xyzorglub@yahoo.fr ©
22:45 Publié dans Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note




Commentaires
Bravo Zorglub ! elle est excellente ton histoire... tu relates bien les différentes attitudes des Français de l'époque. J'ai écrit aussi une nouvelle se passant durant cette triste période ( le mauvais chemin). Dis-moi, tous les Normands ont ce caractère ?...à fréquenter en connaissance de cause alors !!! La chute est très bonne. Continue sur la lancée...
Ecrit par : tinou | 22/05/2006
Moi aussi j'ai bien aimé ton histoire. Dis-moi, la plaque, elle est réelle ou tu l'as imaginée? Si elle existe, j'aimerais avoir l'adresse.
Quant aux paysans cauchois, oui, ils sont plutôt comme ça. Faut connaître... D'ailleurs le mot "Horzain" est ce que je trouve de plus proche au mot japonais de " Gaïjin" - saug que Horzain est encore plus restrictif...
Ecrit par : Zorglub | 22/05/2006
Moi j'aime bien les carottes bien cuites aussi. Vichy, elles sont même meilleures.
Ecrit par : Anne-Lise Durine | 23/05/2006
J'aurais dû y penser à celle-là! :))
Ecrit par : Zorglub | 23/05/2006
J'aime beaucoup cette histoire, cruelle comme la période qu'elle dépeint.
Ecrit par : Pharamond | 23/05/2006
Pourquoi avoir utilisé ce nom plutôt qu'un autre ?
Je suis né à Rouen et donc trés "sensible" ;-o)
Ecrit par : horlaville | 25/08/2006
Pourquoi celui-là? Sans doute parce que j'ai connu un père horlaville et que son caractère cadrait avec le personnage ( bien sûr le personnage et l'histoire sont fictifs, mais pas les circonstances).
Je suis né à Rouen mais ai passé ma jeunesse dans un village du pays de caux, et j'allais souvent dans les fermes - au moment des moissons - et j'écoutais les vieux raconter leurs souvenirs. Quand j'étais encore " bezot", les plus vieux parlaient même de la guerre de 14. Mes grands parents aussi.
A bien y réfléchir, j'aimais bien le père horlaville et il m'impressionnait vraiment avec ses grandes moustaches, juste roussies à l'endroit où il collait sa cigarette.
Ps: L'histoire vous a plu?
PPS : Je crois que dans une nouvelle de maupassant - la ficelle, je crois - , il y a un Mait' ( qui possédait une ferme) Horlaville.
Ecrit par : zorglub | 25/08/2006
Ecrire un commentaire