19/06/2007
Nostalgie de Kyoto
00:30 Publié dans Japon | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
02/06/2007
La femme au carambar ou le choc des cultures
Voici une estampe retrouvée au fond d’un coffre appartenant à la famille Claudel. Rappelons que Paul Claudel fut ambassadeur de France au Japon.

Cette œuvre est attribuée à un descendant d’Utamaro. Lui aussi, fasciné par la beauté des femmes en fit une série d’estampes. Son sujet de prédilection était les femmes de lettres, contrairement à son aïeul qui préférait de loin les femmes de plaisir.
La scène que nous voyons ici est celle d’une jeune femme essayant de déchiffrer un manuscrit venant de l’Ouest. Visiblement elle ne connaît pas l’alphabet européen.
D’après la tradition familiale, c’est en 1954 – un an avant sa mort – que Paul Claudel montra ce document à un certain monsieur Gallois, son confiseur personnel. Celui-ci s’inspira de l’estampe pour créer un emballage destiné à des caramels à la forme étrange qui persistaient à sortir d’une de ses machines qui s’était déréglée.
12:55 Publié dans Humeurs, Japon, Zorglubette a dit.. Zorglubette a fait... | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : carambar, japon, utamaro, zorglubette
14/04/2007
Français, je voulais les mêmes droits qu'un immigré (bis repetita)

Puisque, tout à coup, le nombre de visites augmente suite à l'article du Figaro. J'en profite pour faire connaître ce qui est la base de mon cheminement :
1/ J'ai été un immigré : J'ai vécu 20 ans au Japon. J'ai eu a supporté des lois sur l'immigration autrement plus dures que celles qui sont de rigueur ici. Je m'y suis plié et les ai respectées.
2 / De retour en France, je me suis fait rejeter par mon propre pays, parce que, justement, j'étais Français.
3 / Pour ceux dont l'unique argument à tout fait embarrassant est de traiter ceux qui ne pensent pas comme eux de racistes, je tiens à préciser que j'ai épousé une Japonaise et que j'en ai eu un enfant.
J'espère que ces lignes apporteront un éclairage nouveau à certains. J'ai essayé, tant que faire se peut, de m'en tenir aux faits.
Les faits, j'y crois
Les théories, je m'en méfie
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Je me suis fait rejeter par la France parce que j'étais Français :
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Après 20 ans passé au Japon, j’ai finalement décidé de rentrer en France (voir épisode précédant : J’ai été un immigré).
En l’an de grâce 1996, je réintègre la mère Patrie.
Avant de partir, je suis passé par le consulat de France à Tokyo. Là, on m’a rassuré. Pas de problème, j’aurais droit à toutes les prestations sociales que procure notre merveilleux pays, qui, comme chacun le sait, a le meilleur système social du monde.
Vi, vi, vi, j’ai rapidement déchanté !
Je suis d’abord allé à la sécu pour me faire faire une carte.
Surprise : je n’avais pas droit à la sécu ! Je n’avais jamais travaillé en France (qu'ils disent!), et en plus, je n’avais pas de N° de Sécu, alors je n’avais pas droit à la Sécu. CQFD !
Pourtant pendant 20 ans j’ai payé la Sécurité Sociale japonaise qui soit dit en passant marche très très bien avec un système médical hors pair. C’est pas pour rien que les Nippons ont la plus grande espérance de vie au monde.
« Ben oui, mon bon monsieur, mais la France n’a pas d’accord avec le Japon, alors…»
« Il faut comprendre monsieur, il n’y a pas d’accord »
« Mais ces gens là, eux ils y ont droit »
« Oui, il y a des accords avec de nombreux pays d’Afrique, mais pas avec le Japon »
« Donc, je suis Français et je n’ai droit à rien »
« C’est ça, mais par contre, vous pouvez souscrire volontairement à la sécurité sociale, il me faut vos fiches de salaires, que nous estimions vos revenus, nous avons un barème, et… »
Comme mes fiches je ne les évidemment pas et que de toute manière elles sont écrites en Japonais, je doute qu’on arrive à quelque chose .
Le dragon qui me reçoit est fort mal aimable. Faut dire que je représente un cas qu’elle ne connaît pas. Elle peut faire avec un réfugié politique du Togo, mais pas avec moi, un Français de France! Je lui demande si je ne ferais pas mieux de prendre la nationalité algérienne, elle me répond que ce serait une solution… pour elle.
Je pourrais aussi me faire passer pour réfugié politique si j’arrivais à prouver que ma vie était en danger au Japon, et ce, pour des raisons politiques – on ne rigole pas, svp, mais ça a été dit !
J’ai envie de pleurer.
D'ailleurs j'ai toujours envie de pleurer, mais pas sur moi - je m'en suis sorti - mais sur mon pays. Que pense-t-on d'une mère qui rejette son enfant alors qu'elle accueille ceux des autres.
Autour de moi, passent des femmes en boubous qui présentent leurs « carti di sijour », d’autres qui tendent des bouts de papiers griffonnées parce qu’elles ne connaissent pas la langue.
Si moi, j’avais fait ça au Japon, on m’aurait éjecté manu militari
Elles sont bien reçues et ont l’air d’avoir ce qu’elles demandent.
« Mais voyons, Monsieur, à quelle caisse est-ce que vos employeurs cotisaient ?»
Elle a l’air très surprise que je la regarde avec des yeux hagards.
Je lui explique que je travaillais pour des compagnies japonaises et que les employeurs japonais cotisent à la SS japonaise et pas à la SS française ? Ce qui la surprend le plus c’est, qu’au Japon, j’aie travaillé pour des Japonais. Elle pensait qu’un Français ne peut que travailler pour une société française. Gentiment je lui explique que, oui, au Japon, il y a des sociétés japonaises et qu’elles travaillent pas mal.
Ça a l’air de la dépasser. Travailler à l’étranger, ça, ça peut passer si on est envoyé par sa société, mais qu’on parte de son propre chef, et qu’en plus on travaillent pour des compagnies même pas françaises !... Et qui ne cotisent pas à une caisse française, ça, non, c’est trop !
J’ai une pensée émue pour l’employé d’ambassade qui m’avait assuré que tout marcherait bien. Je me suis juré, qu’un jour, si l’occasion s’en présentait, je me crucifierais un de ses pairs. Encore un de ces planqués de la fonction diplomatique qui ne peut pas saisir le fait qu’il y a des Français à l’étranger qui ne sont pas fonctionnaires (et qui accessoirement quadruplent leurs salaires de base - du moins au Japon - c'est pour ça que c'est un poste très demandé, tiens!)
Elle revient à la possibilité de faire une suscription volontaire. Elle me présente le barème sur ce que j’estime être mon revenu annuel au Japon. Elle m’envoie un chiffre qui me laisse pantois. J’ai l’impression qu’à elle seule, elle a décidé de combler le déficit de la sécu.
Résultat des courses : je rentre dans mon pays et je n’ai pas les mêmes droit qu’un immigré ! J’apprécie à sa juste valeur !
Le même cirque se déroulera quand je demanderai le RMI, car je n’ai pas encore trouvé d’emploi. Que dalle ! Le Français, il va se faire foutre, et puis il n’avait qu’à pas aller au Japon ! Non mais ! Est-ce que ça se fait de quitter la France alors que tout le monde y vient.
Je tiens a signaler que je ne suis pas le seul dans le cas. Tous mes potes du Japon ont eu à faire fasse à la même « Welcome back party ». Il y a toujours quelqu'un - une bonne âme - pour me dire que ce n’est pas possible. (Autrement dit, il me prend soit pour un demeuré, soit pour un menteur). A ceux – là je peux donner les noms de toutes les personnes à qui c’est arrivé. Il y en a certains qu'il ne vaut mieux pas énerver sur la question car ils sont en moyenne 4° ou 5° Dan de quelque chose.
De plus pour trouver du boulot, aucune aide spéciale, pas d’associations, rien!
Fallait pas partir. Fallait pas sortir de la norme et il n’est pas envisageable par la norme que l’on veuille s’exiler.
Démerde-toi et fais-nous pas chier, telle est la devise.
J’arrête pour l’instant, mais plus tard je vous conterai ce que j’ai vu quand j’ai fait du volontariat pour l’alphabétisation.
Quand on rentre en France, vaut mieux être étranger que Français !
Vous comprendrez donc pourquoi je ne pleure jamais pour les pauvres sans papiers. Moi, ce que j’aurais dû faire, c’est de déchirer les miens. Si j’avais fait ça, A moi la sécu, les allocs, les aides pour l’emploi, les aides au logement et plus récemment la cmu et les assurances complémentaires.
Est-il besoin de vous préciser pour qui je vote depuis mon retour en France ?
----------------------
Comment j'ai vécu les lois de l'immigration japonaise :
---------------------
Je ne vais pas vous assommer avec une nouvelle opinion sur la question de l’immigration. Je vais me borner à vous raconter ce qu’il m’est arrivé, ce que j’ai vécu en fait d’immigration, car, voyez-vous, j’ai été un immigré, j’ai vécu 20 ans au Japon.
Avant de partir, il me fallait un contrat de travail. Grâce à celui-ci je pourrais avoir un visa de travail. En effet, il est hors de question d’aller sur place, de trouver du travail et de demander un visa. Toute demande doit être faite de l’extérieur du pays, et théoriquement, attendue à l’extérieur du pays. (Pratiquement, beaucoup d’entre nous ont fait pas mal de voyages en Corée ou à Hong-kong, faire des demandes de visa, revenir, et repartir ensuite pour aller chercher le dit visa).
Bien que mon contrat ait été d’un an, il m’a été donné un visa de six mois seulement. En fait, dès que l’on était sorti des bureaux de l’immigration avec notre visa, on commençait à rechercher les papiers pour obtenir le suivant.
Bien que j’aie été marié à une japonaise, cela ne changeait en rien mon statut. J’avais le fameux 4-1-16-4, renouvelable tous les six mois. Et c’était l’angoisse ! Car l’immigration contrôlait combien d’heures par semaines nous travaillions et combien d’argent nous gagions. Si cela ne leur semblait pas suffisant, plus de visa ! C’était aussi simple que ça. Et voici la meilleure. Si on se faisait expulser, il fallait que l’on paye, soi-même, le billet de retour. Ce n’était pas des charters payés par le gouvernement, mais des voyages plein tarif, payés par nous-mêmes !
En fait, c’était même plus corsé que ça : Pour avoir un visa, il fallait deux papiers importants : l’un du « sponsor », l’autre du « garantor ».
Le sponsor demandait le visa pour vous à l’immigration et vous garantissait un certain salaire. Cela a l’air simple comme ça, mais, si, comme dans la majorité des cas que j’ai connus, vous travaillez pour plusieurs employeurs, c’était très difficile à trouver. Bon nombre d’entre nous ont été obligé de partir pour ne pas avoir pu fournir ce papier.
Le « garantor » était quelqu'un qui garantissait que nous étions des personnes bien, et il s’engageait à nous être responsable pour nous si nous faisions des « conneries ». (Toujours le bon vieux système japonais de la responsabilité diffuse). Cela pouvait aller très loin, sans parler du fait qu’il était moralement responsable). Par exemple, si l’on était expulsé et que l’on soit insolvable, c’était au garantor de payer le billet retour (voir ci-dessus).
Est-il besoin de dire qu'il était très difficile de trouver un garantor.
Car telle était la réalité : si on avait un visa de travail - pour un certain travail, pas question de changer - on pouvait rester, mais si on perdait son travail et que l'on n'arrive pas à en retrouver un autre avant les six mois fatidiques de la vérification, plus de visa... et il fallait partir! Nous avons tous vécus avec cette épée de Damocles sur la tête et on le savait, cela faisait partie des règles du jeu.
Les règles s'assouplissaient avec le temps - on avait prouvé que nous étions de bons gaijin et on pouvait espérer des visas d'un an, et un tout petit peu de souplesse.(Il y a meme eu des visa d'époux - mais ceci est un autre histoire... longue et compliquée)
Mais le fait était là : pas de travail, pas de visa. Pas de visa --> bye bye
Ah oui, j'oubliais, on ne pouvais avoir de travail que si un Japonais ne pouvait pas faire ce travail. Mais cela paraît tellement évident...
09:41 Publié dans Blog, International, Japon, Oppression, Politique, société | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : français, immigré, immigration, gaijin, secu, c.m.u., victime
27/03/2007
Français, je voulais les mêmes droits qu’un immigré!

Après 20 ans passé au Japon, j’ai finalement décidé de rentrer en France (voir épisode précédant : J’ai été un immigré).
En l’an de grâce 1996, je réintègre la mère Patrie.
Avant de partir, je suis passé par le consulat de France à Tokyo. Là, on m’a rassuré. Pas de problème, j’aurais droit à toutes les prestations sociales que procure notre merveilleux pays, qui, comme chacun le sait, a le meilleur système social du monde.
Vi, vi, vi, j’ai rapidement déchanté !
Je suis d’abord allé à la sécu pour me faire faire une carte.
Surprise : je n’avais pas droit à la sécu ! Je n’avais jamais travaillé en France (qu'ils disent!), et en plus, je n’avais pas de N° de Sécu, alors je n’avais pas droit à la Sécu. CQFD !
Pourtant pendant 20 ans j’ai payé la Sécurité Sociale japonaise qui soit dit en passant marche très très bien avec un système médical hors pair. C’est pas pour rien que les Nippons ont la plus grande espérance de vie au monde.
« Ben oui, mon bon monsieur, mais la France n’a pas d’accord avec le Japon, alors…»
« Il faut comprendre monsieur, il n’y a pas d’accord »
« Mais ces gens là, eux ils y ont droit »
« Oui, il y a des accords avec de nombreux pays d’Afrique, mais pas avec le Japon »
« Donc, je suis Français et je n’ai droit à rien »
« C’est ça, mais par contre, vous pouvez souscrire volontairement à la sécurité sociale, il me faut vos fiches de salaires, que nous estimions vos revenus, nous avons un barème, et… »
Comme mes fiches je ne les évidemment pas et que de toute manière elles sont écrites en Japonais, je doute qu’on arrive à quelque chose .
Le dragon qui me reçoit est fort mal aimable. Faut dire que je représente un cas qu’elle ne connaît pas. Elle peut faire avec un réfugié politique du Togo, mais pas avec moi, un Français de France! Je lui demande si je ne ferais pas mieux de prendre la nationalité algérienne, elle me répond que ce serait une solution… pour elle.
Je pourrais aussi me faire passer pour réfugié politique si j’arrivais à prouver que ma vie était en danger au Japon, et ce, pour des raisons politiques – on ne rigole pas, svp, mais ça a été dit !
J’ai envie de pleurer.
D'ailleurs j'ai toujours envie de pleurer, mais pas sur moi - je m'en suis sorti - mais sur mon pays. Que pense-t-on d'une mère qui rejète son enfant alors qu'elle accueille ceux des autres.
Autour de moi, passent des femmes en boubous qui présentent leurs « carti di sijour », d’autres qui tendent des bouts de papiers griffonnées parce qu’elles ne connaissent pas la langue.
Si moi, j’avais fait ça au Japon, on m’aurait éjecté manu militari
Elles sont bien reçues et ont l’air d’avoir ce qu’elles demandent.
« Mais voyons, Monsieur, à quelle caisse est-ce que vos employeurs cotisaient ?»
Elle a l’air très surprise que je la regarde avec des yeux hagards.
Je lui explique que je travaillais pour des compagnies japonaises et que les employeurs japonais cotisent à la SS japonaise et pas à la SS française ? Ce qui la surprend le plus c’est, qu’au Japon, j’aie travaillé pour des Japonais. Elle pensait qu’un Français ne peut que travailler pour une société française. Gentiment je lui explique que, oui, au Japon, il y a des sociétés japonaises et qu’elles travaillent pas mal.
Ça a l’air de la dépasser. Travailler à l’étranger, ça, ça peut passer si on est envoyé par sa société, mais qu’on parte de son propre chef, et qu’en plus on travaillent pour des compagnies même pas françaises !... Et qui ne cotisent pas à une caisse française, ça, non, c’est trop !
J’ai une pensée émue pour l’employé d’ambassade qui m’avait assuré que tout marcherait bien. Je me suis juré, qu’un jour, si l’occasion s’en présentait, je me crucifierais un de ses pairs. Encore un de ces planqués de la fonction diplomatique qui ne peut pas saisir le fait qu’il y a des Français à l’étranger qui ne sont pas fonctionnaires (et qui accessoirement quadruplent leurs salaires de base - du moins au Japon - c'est pour ça que c'est un poste très demandé, tiens!)
Elle revient à la possibilité de faire une suscription volontaire. Elle me présente le barème sur ce que j’estime être mon revenu annuel au Japon. Elle m’envoie un chiffre qui me laisse pantois. J’ai l’impression qu’à elle seule, elle a décidé de combler le déficit de la sécu.
Résultat des courses : je rentre dans mon pays et je n’ai pas les mêmes droit qu’un immigré ! J’apprécie à sa juste valeur !
Le même cirque se déroulera quand je demanderai le RMI, car je n’ai pas encore trouvé d’emploi. Que dalle ! Le Français, il va se faire foutre, et puis il n’avait qu’à pas aller au Japon ! Non mais ! Est-ce que ça se fait de quitter la France alors que tout le monde y vient.
Je tiens a signaler que je ne suis pas le seul dans le cas. Tous mes potes du Japon ont eu à faire fasse à la même « Welcome back party ». Il y a toujours quelqu'un - une bonne âme - pour me dire que ce n’est pas possible. (Autrement dit, il me prend soit pour un demeuré, soit pour un menteur). A ceux – là je peux donner les noms de toutes les personnes à qui c’est arrivé. Il y en a certains qu'il ne vaut mieux pas énervé sur la question car ils sont en moyenne 4° ou 5° Dan de quelque chose.
De plus pour trouver du boulot, aucune aide spéciale, pas d’associations, rien!
Fallait pas partir. Fallait pas sortir de la norme et il n’est pas envisageable par la norme que l’on veuille s’exiler.
Démerde-toi et fais-nous pas chier, telle est la devise.
J’arrête pour l’instant, mais plus tard je vous conterai ce que j’ai vu quand j’ai fait du volontariat pour l’alphabétisation.
Quand on rentre en France, vaut mieux être étranger que Français !
Vous comprendrez donc pourquoi je ne pleure jamais pour les pauvres sans papiers. Moi, ce que j’aurais dû faire, c’est de déchirer les miens. Si j’avais fait ça, A moi la sécu, les allocs, les aides pour l’emploi, les aides au logement et plus récemment la cmu et les assurances complémentaires.
Est-il besoin de vous préciser pour qui je vote depuis mon retour en France ?
02:00 Publié dans Bolitiguement Gorrect, Japon, Politique, Resistance Passive, société | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : immigration, emigration, racisme, français, rejet, intégration
05/03/2007
J’ai été un immigré
En fait, plus sournoisement, tout semble être fait pour que l’on évite de parler des deux seules choses qui me paraissent vraiment importante : L’Immigration et l’Europe
Je ne vais pas vous assommer avec une nouvelle opinion sur la question de l’immigration. Je vais me borner à vous raconter ce qu’il m’est arrivé, ce que j’ai vécu en fait d’immigration, car, voyez-vous, j’ai été un immigré, j’ai vécu 20 ans au Japon.
Avant de partir, il me fallait un contrat de travail. Grâce à celui-ci je pourrais avoir un visa de travail. En effet, il est hors de question d’aller sur place, de trouver du travail et de demander un visa. Toute demande doit être faite de l’extérieur du pays, et théoriquement, attendue à l’extérieur du pays. (Pratiquement, beaucoup d’entre nous ont fait pas mal de voyages en Corée ou à Hong-kong, faire des demandes de visa, revenir, et repartir ensuite pour aller chercher le dit visa).
Bien que mon contrat ait été d’un an, il m’a été donné un visa de six mois seulement. En fait, dès que l’on était sorti des bureaux de l’immigration avec notre visa, on commençait à rechercher les papiers pour obtenir le suivant.
Bien que j’aie été marié à une japonaise, cela ne changeait en rien mon statut. J’avais le fameux 4-1-16-4, renouvelable tous les six mois. Et c’était l’angoisse ! Car l’immigration contrôlait combien d’heures par semaines nous travaillions et combien d’argent nous gagions. Si cela ne leur semblait pas suffisant, plus de visa ! C’était aussi simple que ça. Et voici la meilleure. Si on se faisait expulser, il fallait que l’on paye, soi-même, le billet de retour. Ce n’était pas des charters payés par le gouvernement, mais des voyages plein tarif, payés par nous-mêmes !
En fait, c’était même plus corsé que ça : Pour avoir un visa, il fallait deux papiers importants : l’un du « sponsor », l’autre du « garantor ».
Le sponsor demandait le visa pour vous à l’immigration et vous garantissait un certain salaire. Cela a l’air simple comme ça, mais, si, comme dans la majorité des cas que j’ai connus, vous travaillez pour plusieurs employeurs, c’était très difficile à trouver. Bon nombre d’entre nous ont été obligé de partir pour ne pas avoir pu fournir ce papier.
Le « garantor » était quelqu'un qui garantissait que nous étions des personnes bien, et il s’engageait à nous être responsable pour nous si nous faisions des « conneries ». (Toujours le bon vieux système japonais de la responsabilité diffuse). Cela pouvait aller très loin, sans parler du fait qu’il était moralement responsable). Par exemple, si l’on était expulsé et que l’on soit insolvable, c’était au garantor de payer le billet retour (voir ci-dessus).
Est-il besoin de dire qu'il était très difficile de trouver un garantor.
Car telle était la réalité : si on avait un visa de travail - pour un certain travail, pas question de changer - on pouvait rester, mais si on perdait son travail et que l'on n'arrive pas à en retrouver un autre avant les six mois fatidiques de la vérification, plus de visa... et il fallait partir! Nous avons tous vécus avec cette épée de Damocles sur la tête et on le savait, cela faisait partie des règles du jeu.
Les règles s'assouplissaient avec le temps - on avait prouvé que nous étions de bons gaijin et on pouvait espérer des visas d'un an, et un tout petit peu de souplesse.(Il y a meme eu des visa d'époux - mais ceci est un autre histoire... longue et compliquée)
Mais le fait était là : pas de travail, pas de visa. Pas de visa --> bye bye
Ah oui, j'oubliais, on ne pouvais avoir de travail que si un Japonais ne pouvait pas faire ce travail. Mais cela paraît tellement évident...
17:10 Publié dans Japon, Politique, souvenirs perso du Japon | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note | Tags : immigration, visa, exil, charter, déporté, japon, loi
03/02/2007
La mort au Japon
Nous avons une vue particulière de la mort en Occident. En fait nous en avons peur et nous la masquons.
Plus personne ne porte le deuil. Révolu le temps des costumes noirs! Il a été progressivement remplace par un brassard noir passé au bras, puis par un petit bouton noir, fixé à la boutonnière. Maintenant un habit sombre suffit... Et encore... En hiver...
Les faire-part de deuil se font discrets. Il y a une trentaine d'années, on recevait un lettre à l'épaisse bordure, noire, bien entendu , maintenant c'est tout juste si nous avons droit à un discret liseret gris, le plus fin possible.
Nous avons peur de la mort! Nous voulons l'éternelle jeunesse!
Nous avons peur de la mort! Nous ne la montrons pas aux enfants! (Pourtant sur leur PlayStation, Nitendo et autre Xbox, ils massacrent plus de gens qu'un Ben Laden au meilleur de sa forme).
Nous avons peur de la mort et en plus nous avons horreur de la crémation! Chez nous ça ne se fait pas! Point Final! Et dans tous les sens du terme, le mot «final».
Ceci est une question de culture. Nous avons été élevé, en France, avec le fameux « Tu es poussière & retourneras à la poussière». Dans nos contrées on enterre les morts : L'homme de Neandertal enterrait les siens. Idem pour Cro-Magnon. Cela date donc de longtemps.
Qu'est-ce qui se passait en Asie, on n'en sait trop rien, le territoire est trop grand et l'exploration trop jeune.
Ce qui est important, c'est le rite.... Pour ceux qui restent. Nous connaissons tous, malheureusement les rites d'un enterrement. Dans le cas de la France, il n'y a pas encore de rites bien établis. Un ami de mon père s'est fait incinérer et a fait jeter ses cendres dans un coin de rivière où il allait souvent taquiner le goujon. La famille s'en est trouvée fort désemparée. Il n'est pas dans les moeurs d'aller se recueillir sur un coin de rivière - vous imaginez la scène le jour de l'ouverture?
Au Japon, pays des rites s'il en est, la question est toute autre.
Le lendemain de la mort, en général, il y a une cérémonie (Otsuya) ou on expose le mort dans ses plus beaux apparat et tout un chacun vient lui présenter ses derniers respects. Les enfant aussi. On ne cache pas la mort aux enfants et très tôt ils savent ce que c'est. En général, au Japon, on vit avec ses morts, et surtout, on ne les cache pas. Pendant ce temps un moine bouddhiste récite des mentras. (Pour la naissance, c'est le prêtre Shinto et pour les mariages c'est soit Shinto, soit Chrétien _ les Japonais ne sont pas sectaires... C'est le moins qu'on puisse dire! )
Quand on arrive pour le Otsuya, on apporte une enveloppe remplie de nombreux billets de 10.000 Y, pour aider la famille a faire face aux dépenses. On signe un registre en indiquant la somme que l'on a mise! Bonjour la pression! Quelque fois, ça fait mal au coeur de mettre 30.000 Y pour un type que l'on ne pouvait pas sentir, mais enfin, c'est comme ça.

Petite anecdote amusante : Si ça vous gonfle de mettre de l'argent, vous mettez une enveloppe vide, mais vous inscrivez une somme sur le registre des doléances. On se sent alors obligé de penser que vous avez «oublié» de mettre la somme, brisé que vous étiez par l'émotion. La face est sauve et on ne vous dira jamais : «à propos, je crois que vous avez oulbié de....» Cette technique est également valable pour les mariages.
Arrive le jour de l'incinération. Rendez-vous au Crématorium où vous êtes *obligatoirement* vêtu d'un costume noir avec un cravate noire ( si vous avez une cravate blanche, c'est que vous allez � un mariage...)
Le cerceuil est ouvert et vous voyez pour la dernière fois le défunt. En général, on passe l'un après l'autre devant, et on dépose une fleur blanche. Le Mort est en costume, lui aussi et dans le cercueil on met lesobjets qu'il affectionnait particulièrement. Je me rappelle d'un des oncles de ma femme : il y avait une photo de sa voiture, une Mini AustinCooper S, vehicule très rare et très prisé au Japon ainsi que son paquet de cigarettes préféré et son briquet (à gaz!). Normal qu'il emporte aveclui ce qui l'avait emporté! Les autres objets étaient très personnels.
Le maitre de cérémonie ferme le cercueil, le place sur un tapis roulant. La porte du four s'ouvre : il n'est pas encore allumé, puis se referme. On entend un grand Vouuuuf! Le four s'est mis en route, mais on ne voit rien. On passe ensuite au restaurant où on mange et boit beaucoup. On parle du mort et uniquement du mort. Comme partout ailleurs, c'est l'occasion pour les membres de la famille éloignée de se revoir, on se salue, se congratule, pleure et rit beaucoup. Le mort aime que ceux de sa famille ne soient pas (trop) tristes.
Deux heures plus tard, environ, on redescend et on va à la sortie du four. Dans une grande boîte en métal, de la taille du cercueil se trouvent les cendres du défunts. Mais ce ne sont pas, à vraiment dire que des cendres, il y a aussi des bout d'os éclatés et blanchis. On a la surprise d'entendre des commentaires du style : «c'est bien brûlé, hein, les os sont bien blancs», etc... Ça surprend. Pendant ce temps les enfants jouent autour des adultes et des cendres. Souvent le maître de cérémonie les prend à part, s'approche avec eux des restes, et explique : ça, c'est le tibia, ça une côte, là un doigts, j'en passe et des meilleures. Oui! Il y a vraiment une approche différente de la mort.

Ensuite, vient le plus dur (pour moi! ) On s'approche par deux des cendres, chacun *une* longue baguette à la main, on prend un os, et le met dans l'urne funéraire. Je me souviens la première fois cela m'a fait tout drôle, la première fois de prendre, avec ma femme, un bout du crâne de sa grand-mère. La hantise : Ne pas faire tomber! Deux baguettes dans la main, pour manger ou faire la cuisine, ça va, mais *une* baguette pour tenir la Mère Grand, cela rend nerveux!
On repart ensuite, en taxi, en bus ou en métro à la maison où une collation nous attend ( et beaucoup de saké). Quelques jours plus tard, on déposera les cendres dans un tombeau ou un caveau.
Autre anecdote amusante : le prix du terrain étant ce qu'il est (horrible), une tombe coute très cher, alors de nombreuses personnes «oublie» l'urne dans le train. Une visite des objets perdus à la SNCF locale est pleine d'enseignement Bien sûr, on ne vient jamais rechercher, on aurait trop honte!
C'est très amusant de se promener dans un cimetière japonais. On voit souvent des familles se réunir autour de la tombe et faire un pique-nique en laissant des mandarines, du saké, ou autre chose que le mort aimait sur sa tombe.
J'imagine la gueule du Garde Champêtre de mon petit village s'il me voyait assis sur la tombe de mon grand-père, un sandwich à la main, un ballon de rouge dans l'autre, avec un autre sandwich et un autre ballon de rouge pour Papy! Un coup à se faire arrêter pour outrage au bonne moeurs!
Le jour anniversaire le la mort de sa grand mère, ma femme se réuni au restau avec la famille et on festoye en parlant de grand maman, qui était une sacré bonne femme! De plus, elle a hérité de ses kimonos! Avec l'un elle a fait des coussins que nous avons toujours utilisés. Grand Maman est toujours parmi nous.
Pour ceux qui aime rire de tout ça, je ne saurais trop vous conseiller d'aller vo ir le film "Ososhiki" d'Itami Juzo. Un chef d'oeuvre si vous en possédez les clefs.
Et il a fait son dernier voyage dans ce... corbillard!

Partir en fumée, mais avec classe!
22:55 Publié dans Japon, souvenirs perso du Japon | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : japon, mort, sanctuaire, cremation, bouddhisme, shintoisme
10/12/2006
bébé japonais
12:10 Publié dans Japon | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
04/10/2006
Corée du Nord. Je m'étonne qu'on s'étonne
Tout à coup on s'étonne de la décision de la Corée du Nord.
Recemment la presse a couvert le changement de premier ministre au Japon. Le nouveau est encore plus nationaliste que l'ancien! A faire passer le FN pour un doux parti centriste - le reve de marine...
Or a chaque discours ou intervention, les duex ministres ont parlé de la coree du nord et ce qui s'y préparait. Les journalistes europeens étaient là, ils n'ont traduit que certaines parties des déclarations. Systematiquement toutes déclarations sur la Corée du Nord ont été gommées.
Pourquoi?
Pour sauver un scoop à venir ( un peu ce qu'ils ont fait pour l'A380)
Ou alors vient la question qui tue : On leur vend quoi, nous, au Coréens du Nord?
11:26 Publié dans International, Japon, Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : coree atome atomique nucleaire japon koizumi
22/09/2006
Se reconnecter au monde virtuel
Un mieux blogopote de demande ce qu'il m'arrive : Trois jours qu'il ne m'a pas vu dans la blogosphère. Encore un panne de système? Nunux ferait-il des siennes? Quand est-ce que je comprendrais que Mac.... gna gna gna, et puis encore que... Mac... gna gna gna...
Vous l'avez deviné, le copain et un mac-addict.
Que nenni cher ami! Mon pingouin ( Mais pourquoi cette orthographe ridicule?) marche bien. Et il n'y a actuellement aucune perte de document à signaler, vu qu'il n'y a plus de documents à perdre, la " fenêtre à guillotine" s'en étant occupée, et pour le moment, j'avoue que ça ne me travaille pas plus que ça!
J'ai perdu de Mega de données importantes... et je m'en fous. Est-ce grave docteur?
Ai-je crée un nouvel état bouddhiste, suis-je arrivé au stade du grand détachement des choses matérielles virtuelles? Quelle sérénité trouvé-je dans la comtemplation d'un gestionnaire de fichiers vide?
Je vais méditer là-dessus.
Bon, pour revenir aux (bonnes) choses de ce bas-monde, mon absence blogosphérienne est due au fait que Zorglubinnette - fille de zorgub - est venue de son Japon natal voir (entre autres) son cher Papa (moi!).
Je ne me suis donc pas approché d'un ordi (ni d'une radio, ni d'une télé) pendant qq temps! Je m'en vais donc, de ce pas (image!) visiter tous les blogs que je n'ai pas vus. J'ai de la lecture en retard et certainement de joyeux commentaires à faire.
A bientôt donc.
Zorglub
19:26 Publié dans Blog, Japon | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
18/09/2006
Spleen pour Tokyo
Ca y est Linux est installé. J'ai même le son et la video ( enfin presque, il me manque realplayer et les codecs pour lire les video win32, mais je devrais y arriver.
Lors de mes essai de son et video je suis tombé sur ça :
Je vais considérer cette vidéo comme une récompense
[ oui, je sais, je sais ce que j'ai dit plus tôt sur les vidéo en général et YouTube en particulier.
Mais là, il y a 20 ans de ma vie et je reconnais tous les coins, même et surtout celui où je travaillais et celui où j'habitais.
Je réponds directement à votre question : non! je n'allais pas dans les trucs fétichistes et sado-maso!
Non mais!
02:00 Publié dans Japon | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : tokyo, japon




