15/06/2007
Saint Martin : On fait tintin avec Max Gallo
Ainsi, donc, Max Gallo va devenir immortel! Je doute que ses oeuvres en fassent autant!.
Les livres de lui qui m'ont àla fois procuré du plaisir et des connaissances est son tryptique : "La promenade des Anglais (Saga sur tois générations d'un famille italienne qui vient s'installer à Nice, au tournant du sièce - je veux dire entre le XIX et le XX).
Je garde un excellent souvenir de ce roman et je crois bien que je le relirais si je le retrouvais.
Beaucoup plus tard, j'ai voulu lire le Napoleon du dit Max Gallo qui hésite entre le roman historique, l'Histoire et le roman. Pour être très franc je n'ai pas pu aller jusqu'au bout - C'est vrai qu'il y a moins de suspens : on connaît la fin! :-)
Il faut croire que l'on n'apprend jamais de ses erreurs. J'ai remis le couvert avec : Les Chrétiens, du moins le premier tome, celui dédié à Saint Martin - Je vous rappelle que j'habite Tours et que j'aimerais bien en connaître plus sur l'histoire locale qui se trouve souvent, en ces lieux, se mêler à l'histoire nationale.
Cette Histoire nous dit que ce fut le convertisseur de la Gaule/ Pré-France(?) au Christianisme et lutta - avec Saint Hilaire de Poitiers contre l'Arianisme.
Tours et Saint Martin étaient un des points centraux de l'Europe de ce temps des ténêbres. Par la suite, les pélérinages à Tours étaient légion, maintenant il n'en reste plus aucun souvenir. Peu de chose, en ville rappellent ce prodigieux et prestigieux passé religieux, mystique et fondateur.
On a comme l'impression que le dit Saint Martin gène plus la ville qu'il ne la met en valeur. Rares sont les monuments et événements en sa mémoire.
Tours et les Turons préfèrent le R'n B = "Rabelais & Balzac for ever"
Pourtant, plus de 500 villages s'appellent Saint Martin et Martin est le patronyme le plus courant de France - contrairement à ce que l'on dit, ce n'est ni Dupont ni Durand. S'il y a un personnage qui a marqué son époque et sa contrée, c'est bien lui.
Le grand vent de l'Histoire qui se met actuellement à souffler pourrait bien de nous renverser. Une civilisation plie les genoux, une autre est en gestation. Nous sommes à une de ces époques charnières où tous les futurs sont possibles. La dernière fois c'était vers les IV & V siècles, temps de douleurs qui accouchèrent de notre pays.
Epoque de saint Martin, justement, personnages fondateur de ce qui deviendra la France, car, il était, lui, grand ensemenceur de Christianité - peut-on parler de Chrétienté à ce moment?
Max Gallo a décidé de s'intéresser aux Chrétiens, et au rôle qu'ils ont joué dans la naissance et la croissance -difficile- de la France. Il va se pencher (sans trop se baisser) sur ce personnage phare de ce mouvement.
Il ne va pas nous dresser une biographie du personnage, mais va plutôt essayer de décrire le déchirement qui s'est passé dans le futur "ex Empire Eomain" en mettant en scène deux personnages représentatifs : un père et son fils.
Le père est un gallo-romain, partisan des anciens dieux et surtout de la puissance de Rome et de la pensée grecque perpétuée et entretenue par l'Empire. Il est le défenseur d'une civilisation millénaire, riche, forte, savante, philosophe, artistique et hédoniste.
Le fils s'est converti à la nouvelle foi. Il ne reprendra pas le flambeau que lui tend son père. Pire, il le renie. L'ancienne civilisation et ses outrances le dégoûtent, ils se veut mouton parmi les loups, il renie le corps et ses plaisir, aspire à la pureté et rêve de s'abîmer dans la prière et le silence sur le tombeau du christ.
Le livre est basé sur le dialogue, ou plutôt les deux monologues parallèles de ces deux personnages, chacun essayant de convaincre l'autre. Le père oppose des arguments logiques, philosophiques et historiques. Le fils ne peut répondre à ces coups de buttoirs et ne peut opposer que sa foi. Son seul bouclier est la narration de la vie de Martin, ce personnage qu'il vénère. Le père, bien sûr, met tous ses défenses en pièces.
Et c'est là que le bât blesse! Max Gallo n'est pas du tout convainquant en exploitant ses deux personnages. Seul le Père semble avoir de la personnalité, une volonté, un but. On sent bien que Max Gallo est de tout coeur avec lui. L'écrivain prend du plaisir à asséner toutes les preuves philosophiques et intellectuelles contre la nouvelle religion des esclaves, des femmes et des faibles.
Quand il s'agit de prendre la parole au nom du fils (si je peux me permettre l'expression), du croyant, on sent parfaitement que l'écrivain n'y croit pas. Les seusl réponses que l'on trouve dans la bouche du converti sont de belles et jolies histoire pieuses et édifiantes du niveau de celles que l'on trouvait dans les cours de catéchisme première année. L'argument massue est : il a fait des miracles, il a guéri des malades, et il a ressuscité des morts.
Dans la deuxième partie du livre, on suit de plus près les agissements de Saint Martin. Las! Le personnage manque de goût, de couleur, de saveur. On est dans l'agiographie la plus caricaturale. Le Saint (futur saint) n'a pas plus de texture que le fils en avait. En fait on croirait un copié collé du même personnage : aucun désir, aucun caractère, si ce n'est le fait qu'ils veulent souffrir avec le Christ et s'isoler pour prier.(Quand même curieux que l'on ne parle pas d'amour du prochain...)
A lire ce livre, on se demande comment un tel personnage a pu convertir une grande partie de la Gaule. Visiblement Max Gallo ne croit pas en saint Martin, qu'il décrit comme personnage fade, doux et aseptisé, et, grand humanisme, n'arrive pas à cacher son admiration pour la Rome Antique, époque ou l'homme était l'homme. Même pour décrire les événements durs, sanglants et cruels qui eurent lieu à la fin de l'Empire, il ne met aucune conviction, noyé qu'il est dans son regret des lettres classiques.
On se prend à rêver d'un Jean d'Ormesson narrant la prise de Rome par Alaric ...
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La bataille de Poitiers, dont le nom devrait plutôt être bataille de Tours -(Poitiers?) fera l'objet d'un note plus complète - il me manque encore qq éléments.
13:13 Publié dans Livres, Tours Touraine Loire | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Saint-martin, tours, touraine, max gallo, arianisme
09/08/2006
De la supprématie des hieroglyphes dans les sortilèges
Amateur peu éclairé de SF (et beaucoup moins de fantastique), j'ai remarqué que, dans les livres que j'ai lus, les hiéroglyphes tenaient le haut du pavé en matière de pouvoirs magiques. Je n'ai jamais rien lu où soit jeté un sort en alphabet phénicien ( qui est pourtant le père de l'alphabet grec et également de l'araméen - Jesus lui-même n'a jamais rien écrit, si ce n'est, un fois, quelques signes dans le sable...
L'alphabet hebreux a également une forte place et ceci est dû, je pense, à la compréhension plus ou moins erronée que nous avons de la kabbale.(là je parle pour moi, je n'y connais rien et n'ai pas l'intention de m'y mettre - n'est pas Madonna qui veut)
Chose curieuse, aucune formule magique en alphabet cunéïforme, qui est pourtant le premier de tous les alphabets.
On remarquera que pour invoquer le diable, il est absolument nécessaire de le faire en latin ( de quelle époque, le latin?). Ayant toujours eu des notes minables dans l'étude de cette langue, je dois dire que je suis très partial. Certaines versions m'ont, en effet parut sataniques, le prof aussi d'ailleurs... Mais pourquoi donc, le diable ne parlerait il que le latin?
Rien, non plus en lettre arabes, (samuel rushdi a quand meme parlé de versets sataniques). On me dira que le coran serait tombé gravé sur des pierres - enfin, c'est ce que m'a dit mon copain ben ; mais dans la littérature fantastique l'écriture arable n'apparait pas, encore moins l'écriture Kabile - dont les kabiles ne se servent plus d'ailleurs
Il est aussi à remarqué, que lorsque l'on sort un grimoire ou qu'une fée lit une formule magique, il n'y a jamais de fautes d'hortographe dedans, m^me si au moyen age seul les moines, grosso-modo, savaient lire. Remarquable, en effet que la sorcière paumée dans une masure au fond des bois sache lire.
puisque je suis en train de divaguer sur les formules et expressions, quelqu'un pourrait-il me dire comment le christ aurait pu dire : je suis l'alpha et l'omega, alors que ce sont des lettres grecques et que celui -ci parlait l'araméen?
m'est avis qu'il ya eu encore pas mal de tripatouillage de ce coté là, mais je sors du sujet de ma note.
Damned! [ en non-français dans le texte]
Pour en revenir à mon sujet : La nouvelle littérature va-t-elle nous sortir des sortilèges en mode "texto". Ce serait intérerssant! il y aura, au moins qqch de nouveau sous le soleil.
07:16 Publié dans Livres, Réflexions | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
16/09/2005
Si les triangles avaient des dieux...
Si les triangles avaeint des dieux , ils leur feraient trois côtés.
Une petite phrase tirée d'un livre que je suis en train de lire :
"Les courriers de la mort " de Pierre Magnan
C'est un polar différent de tout ce que j'ai lu. Son auteur s'était essayé à l'écriture dans sa jeunesse. N'ayant pas eu de succès, il s'y est remis à 56 ans à la suite d'un licenciement.
Je ferais une petite note dessus dès que j'aurais fini le bouqin.
16:50 Publié dans Livres, Réflexions | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
10/09/2005
Nouvelle : Attirances 2
Et quand, enfin, ils ont été fin prêts, ils se sont rencontrés.
***
A Tokyo dans un meeting des Alcooliques Anonymes.
***
-----> suite
Stéphane était arrivé en retard. Elle était à l'autre extrémité de la salle, juste à côté de Bob. Elle écoutait avec attention ce que son voisin avait à dire.
Stéphane ne fait même pas l'effort d'écouter Bob : il connaît Bob, et surtout son histoire, et même toutes ses versions. Par cœur !
Mais elle, il ne la connaît pas. C'était une « nouvelle » ou alors « un visiteur », un membre de la « confrérie », qui vient d'un autre quartier, d'une autre ville, ou d'un autre pays.
Ceux-là ne peuvent pas vivre sans leur quotidienne réunion A.A., sans l'entourage de leurs frères. Il y a « Le Programme » dont on parle toujours sans trop savoir ce que c'est, et surtout il y a la chaude ambiance des compagnons de misère. Ce sont les seuls qui peuvent comprendre ce que l'on a dans son passé et sur le cœur. Ce sont les seuls qui peuvent nous tenir écartés de la bouteille pas « dive » du tout. Le merveilleux poison qui nous rend la vie si belle et si impossible à vivre.
Le Docteur Bob, co-fondateur avec « Bill » des Alcooliques Anonymes avait dit : « Seul un alcoolique peut comprendre un autre alcoolique ». Pour tous ceux qui étaient dans cette salle, c'était la vérité pure, parole d'Evangile et même mieux ! C'était une citation du « Big Book », la Bible des alcoolos.
Alors, visiteuse ou nouvelle ? Une de ces âmes perdues qui ont tout essayé pour boire moins, boire normalement, sans avoir le « trou noir » à la fin, sans voir de dégoûts des autres, et pire, sans connaître le dégoût de soi.
Il n'avait jamais vu cette femme avant, mais... elle avait un air de ce que les Américains appellent un air de « déjà vu ». Peut-être quelqu'un qu'il avait rencontré lors de sa longue « carrière » de buveur invétéré. Si c'était le cas, il ne s'en souvenait pas, et il espérait qu'il en était de même pour elle. Si cela avait été le cas, que s'était-il passé?
Elle écoutait sagement ce que disait Bob. Ce qui l'intéressait n'était pas les frasques qu'il avait faites, mais plutôt le décors extérieur qu'avait été le Japon. Visiblement on ne buvait pas là de la même manière dont on buvait chez elle. Elle avait l'air émerveillée par le fait que tout ce qui se passait le soir, dans le pays Nippon, avait l'air d'être automatiquement pardonné. Quel beau pays(!), avait-elle l'air de se dire, tout en pensant qu'elle serait déjà morte si elle était venue là plus tôt.
Stéphane ne la voyait que de profil. Elle ressemblait vaguement à une fille qu'il avait rencontré en France. Heureusement que ce n'était pas cette fille-là, sinon, il aurait certainement pris une grande claque en public - Bah, les autres auraient compris : ils savaient ce que c'était. Il avaient appris « à la dure » qu'il n'y a pas de limite à ce que l'on peut faire quand on est sous 'l'influence'.
Pourtant, même si sa mémoire avait des trous, et des trous de plus en plus béants au fur et à mesure qu'il avait augmenté sa consommation, pourtant ce profil, il le connaissait!
Il avait rencontré tant de monde dans les bars. Et dans les bars on ne regarde que le profil de la fille aux côtés de laquelle on est. On est beaucoup plus absorbé par le contenu de son verre : combien de temps va-t-il durer et est-ce que la fille va lui en repayer un? (Un buveur est toujours fauché). On est trop occupé à prendre sa dose, à refaire chacun de son côté le monde, sans écouter l'autre bien sûr. Boire est une activité de solitaire, même si on le fait en compagnie. Un peu comme de se masturber en présence d'un être très désirable auquel on ne fait pas attention, en présence d'un être qui dérange.
Et puis de toute manière après avoir bu tout son soûl, comme on dit, il ne se souvenait plus de rien : il ne lui restait plus qu'une énorme angoisse. L'angoisse de ce qu'il avait bien pu faire la veille, et un dégoût d'égouts.
Pourtant, pourtant, il avait au fond de son cerveau des relents de souvenirs de son profil comme avant il avait des relents l'alcool dans son haleine.
Si c'était une « nouvelle », elle ne se souviendrait pas non plus. Mais ce n'était pas une « New Comer », elle avait l'air d'être en bonne santé. On n'a jamais vu de nouveau venu qui avait l'air d'aller bien. Sinon il ne serait pas là (si les autres croyaient qu'il était en forme, c'est qu'il l'était et il n'avait donc pas besoin de mettre un frein à sa consommation – logique pré-AA). En plus il ne se serait pas associé à des gens qui s'appelait sans aucune honte des alcooliques et avaient même l'air de le revendiquer.
La fille avait une peau très lisse et très blanche. Pas un seul bouton dessus, pas de rougeurs, marque caractéristique de l'abus de boisson. Ses cheveux étaient bien entretenus, lisses, châtains clair, et relativement raides. Rien à voir avec les innommables tignasses de ceux qui venaient pour la première fois. Le plus remarquable est qu'elle semblait avoir une attention très soutenue. Il suffisait de voir la manière dont elle fixait Bob et écoutait chacune de ses paroles.
D'habitude, les « nouveaux » partent quelque part... dans un monde intérieur, le seul supportable pour eux, ce qu'ils entendent autour de la table n'est pas fait pour les rassurer. Leur cerveau est à la vaine recherche de faits prouvant « qu'ils ne sont pas comme ces gens-là ».
C'était certainement une « visiteuse ».
De part sa position autour de la table, il ne pouvait la voir de face, et il en était fort frustré. Mais, Dieu, quel profil!
C'était celui d'une statue. Pas d'une statue grecque ou romaine : dieux ou déesses, ils étaient splendides avec leur corps parfaits, et majestueux de toute leur divine puissance...
Non, sa beauté à elle, ou ce qu'il pouvait en voir, avait des proportions plus humaines et plus de douceur dans l'impression qui se dégageait d'elle.
Plus qu'au Panthéon, c'était à la Cathédrale de Chartes qu'elle lui faisait penser : un petit nez droit, droit mais légèrement moqueur, un sourire discret, taquin et un menton fort, fier et décisif. Sa coupe de cheveux, elle aussi, semblait venir directement du Moyen-Age, une longue frange lui couvrait le front et le la pointe de ses cheveux semblait irrésistiblement attirés par son menton. Sur son autre profil, elle avait un grain de beauté.
Bob (Chicago Bob, à ne pas confondre avec « Translator Bob ») avait terminé son speech par les mots : « ... et tous les jours je prie de ne vivre qu' « un jour à la fois » et d'écouter ma « Puissance Supérieure ». Sans ces deux choses, il y a longtemps que je serais mort, ou en prison ou interné dans un hôpital psychiatrique. Et chaque soir je remercie « Dieu tel que je le comprends » pour ce nouveau jour de sobriété. Merci!
Bob avait maintenant fini et une femme leva la main.
- Hi! Mon nom est Jenny et je suis alcoolique
- Hi! Jenny! Reprit le groupe à l'unisson.
Cela faisait partie du rite. Elle n'avait pas eu l'air surpris : c'est sûr, c'était une « visiteuse ».
Jenny était assise à la droite de Stéphane. La jeune-femme tourna la tête dans la direction de celle qui allait prendre la parole, mais son regard ne s'arrêta pas là.
Ses yeux se fixèrent sur lui.
Les siens étaient déjà sur elle.
Les deux regards s'accrochèrent.
A ce moment précis, il su qu'il la connaissait, qu'il l'avait toujours connue et qu'il la connaîtrait toute et entière.
Les Américains parlent d'alchimie entre deux êtres. Les Français préfèrent parler d'atomes crochus. Le temps d'un soupir contenu, l'alchimie de l'un s'était agrippé aux atomes de l'autre. Leurs yeux avaient établi le contact, avaient vibré et s'étaient trouvé à la même fréquence. Ils allaient...
-- Je pensais qu'après les meetings vous alliez tous prendre une bière ensemble. Juste une, bien sûr! ... J'étais venue ici pour que vous tous m'appreniez à boire normalement, mais pas à ce que vous disiez et montriez comment ne pas boire du tout! Je trouvais que vous étiez un peu fanatique là-dessus. Après tout, peut-être que c'était ce qu'il vous fallait à vous puisque vous n'étiez qu'un groupe d'alcoos, mais ce n'était pas pour moi. Je n'étais pas alcoolique. Il m'arrivait de boire un peu trop de temps en temps, voilà tout, mais je n'était certainement pas une alcoolique, comme vous les gars... et les filles aussi! Tout ce que je voulais, c'était boire moins, contrôler ma manière de boire. Je n'étais tout de même pas une alcoolique. Une alcoolique, moi, vous voulez rire?
Un rire secoua l'assemblée et le lien entre les deux fut brisé et leurs yeux reprirent leur rôle imparti par la nature, qui est juste de regarder. Leur regards s'en allèrent vers les buveurs déçus.
En faisant cela elle tourna la tête dans l'autre sens et montra à Stéphane son autre profil. Il put alors voir son grain de beauté, grain de beauté qui avait attiré toute son attention comme le fait la tache noire au bout de la queue d'un hermine.
Le secrétaire du groupe regarde sa montre, il se lève et beugle : - « Hey! Tout le monde! Il est maintenant huit heures, je vous rappelle que A.A. est entièrement gratuit, mais nous avons des frais. Je vais donc passer maintenant à la septième tradition et faire passer le chapeau entre vous. Vous ne donnez que ce que vous voulez ou pouvez. Si c'est la première fois que vous venez parmi nous, vous n'avez pas besoin de donner quoique ce soit. »
Pendant qu'il fouillait dans sa poche, un éclair traversa le cerveau de Stéphane : Comment se fait-il que je savais qu'elle avait un grand de beauté sur son profil droit. Je l'ai su avant de le voir. Je l'ai su...
12:00 Publié dans Japon, Livres, Nouvelle en cours | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
03/09/2005
Nouvelle : Attirances 1
Attirances rances
Il est des histoires d'amour, il est des histoires de passions, et puis il en est d'autres qui sont plus... Absolues! Elles sont marquées par les Destins, ces entités supérieures que même les dieux de l'Olympe craignaient!
Et ceux-ci sont cruels. Les Grecs ne se sont jamais trompés là-dessus. Ils ont tout fait pour leur échapper, mais en vain. Oedipe s'est vu coucher avec sa mère et tuer son père. (Vous remarquerez qu'il n'a jamais été dit qu'Oedipe ait été amoureux de sa mère!...) Pourtant quand l'oracle lui avait parlé, il avait refusé, il avait fui. Mais les Destins l'avaient rattrapés.
L'histoire qui nous préoccupe est aussi marquée par la cruauté des Destins. Le sort d'Oedipe ne concerne que son existence propre, mais il est d'autres personnes qui sont condamnées à revivre, vie après vie, la même malédiction.
Les Grecs n'avaient pas la notion de « Karma ».
Les Destins se repaissent du malheur. De la souffrance des hommes vient leur force. Et la peine de certains leur est plus agréable, plus nourricière que celle d'autres. Pourquoi? Nul ne de sait! Les chemins des "Tisseurs de Vie" sont impénétrables.
Les dieux grecs se sont éteints avec ceux qui croyaient en eux, et les Destins aussi, mais la destinée, elle, est restée.
Jésus devait mourir crucifié, quoiqu'il ait tout fait pour qu'il n'en soit pas ainsi. Son dernier cri le prouve : "Père pourquoi m'as-tu abandonné?". Mais même son père, celui qui avait arrêté le bras d'Abraham, n'avait rien pu faire pour son fils, son propre fils.
Les destins sont inébranlables! Les dieux ont soifs, des Destins ont faim. Quant à Dieu, lui...
Voici donc une autre histoire où la malédiction s'est poursuivie bien au delà du mur de la mort.
Le Karma a suivi : C'est le nouveau nom de ce qui nous suit vie après vie.
Cette histoire est donc une histoire différente des autres : Il s'agit d'amour, véritable, profond : l'ineffable bonheur d'être avec l'autre. Le désir n'est pas que physique, il est également moral et surtout spirituel... Le genre de chose qui est trop, contre laquelle on ne peut rien.
C'est dans la pièce de Corneille "Titre et Bérénice", que l'on trouve cette phrase : "Malgré lui, malgré elle". La citation vient de Virgile. Un prince romain était tombé amoureux d'une princesse juive. Tout les séparait pourtant leurs êtres exigeaient l'union mais la politique l'excluait.
On connaît la suite.
Pour revenir plus près de nous, le Moyen Age a beaucoup joué avec ces unions dès le début maudites, abhorrée avant même que d'avoir existé : Tristan et Iseult, Abélard et Éloïse, sans oublier bien sûr "Roméo et Juliette", mais là on ne peut plus vraiment parler de Moyen Age.
Dans les comptes des âges sombres, un homme rencontrait une femme. Rien de les rapprochait, tout les éloignait : ils n'étaient pas du même rang, pas de la même condition et d'une éducation différente. Chacun était "promis" de son côté, et pourtant...
....pourtant ils tombent amoureux et rien, absolument rien, ni foi ni raison de peut les détourner de leurs sentiments. Malgré tout ils essayent, s'y échinent, sont près à se sacrifier pour répondre à ce que l'on appelle leur devoir.
Ils ne peuvent s'aimer, mais il ne peuvent que s'aimer. Ils le doivent. c'est écrit, c'est leur destinée. C'est une telle dégradation, une déchéance que seule la magie peut expliquer : un philtre magique, une potion d'amour qu'ils auraient bu tous les deux, ensemble, malgré eux, poussé par un esprit malin que l'on a l'habitude d'appeler hasard. C'était le cas de Tristan et d'Iseult.
Au départ il n'était pas question de sentiments, et on a fini par une passion surhumaine. Un besoin de fusion que rien ne pouvait expliquer.
Si ce n'est le destin?...
Les personnes dont nous allons parler on bu leur philtre il y a fort longtemps et pendant très longtemps. Ils n'étaient pas ensemble quand ils s'en sont repus. C'était impossible, ils ne vivaient pas sur le même continent. Ce n'était le même philtre non plus, mais il l'ont bu avec la même volonté, le même espoir, la même folle déception et la même ravageuse insanité.
Pour lui, c'était du vin et du vieux cognac vieilli en fût : C'était la version officielle ! En fait n'importe quoi faisait l'affaire, du moment que ça râpait quand ça descendait et que ça arrachait bien la gueule. Ce qui est bon, c'est que ça brûle. Le reste est accessoire. Le goût, par exemple...
Bien sûr il ne l'aurait jamais admis. Il parlait du bouquet, de la couleur de la robe du vin. Il pouvait s'étendre des heures et des heures sur le cru qui allait avec tel ou tel plat. Il avait là-dessus des opinions marquées et intransigeant. Mais certains disaient qu'il aurait bu du vin blanc avec du fromage s'il n'y avait plus que cela à boire.
Pour elle c'était du Gin & Tonic. De plus en plus de Gin et de moins en moins de Tonic : elle aimait les bulles. Les bulles, c'était chic et élégant. Le champagne était chic, le Gin and Tonic était chic. La Bière n'était certainement pas chic, mais quand personne ne regardait, cela n'était pas important. Elle cuisinait aussi au vin. Un peu dans les plats et un peu plus pour la cuisinière. Elle était souvent cuite aussi.
Alors tous les deux ont bu, avalé, ingurgité, descendu et se sont imbibés au maximum? Ils ont bu pour se sentir bien, pour se sentir beau, pour avoir des amis, pour être admirés, pour être aimés. Ils ont bu pour avoir, et finalement ils ont bu pour être, juste pour cela : être.
Mais ils ne sont pas senti bien, il se sont vus laids, ils se trouvaient misérables, ils avaient des peurs, des angoisses, ils étaient seuls, ils n'avaient pas d'amis, ils n'avaient rien, ils n'étaient rien. Plus rien !
Le philtre les avait amenés à la chute et à la déchéance. Venant d'endroits, d'éducations et de pays différents, ils étaient au même niveau : le plus bas. Ces deux ex-jeunes, ces deux ex promesses étaient devenus des rebuts. Ils n'étaient même pas passés par le stade d'adulte : ils allaient mourir. La fin de leur destin semblait tracée. Last exit from the bottle : la déchéance et la mort .
Mais contrairement aux histoires du Moyen Age, le Salut est venu après qu'ils ont pris le liquide de folie et de mort.
Ils arrêtèrent.
Pas exactement au même moment, mais pour la même raison : il fallait qu'ils se rencontrent? plus tard ...
Donc ils ont arrêté de boire. Et ils ont arrêtés leur auto-destruction. Quelque chose au plus profond de leur être savaient que la vie valaient la peine d'être vécue.
Ils se sont nettoyé l'intérieur, ils se sont réparé l'extérieur et ont remis le psychisme sur des lignes plus droites.
Et quand, enfin, ils ont été fin prêts, ils se sont rencontrés.
***
A Tokyo dans un meeting des Alcooliques Anonymes.
***
( A suivre ----> )
12:00 Publié dans Japon, Livres, Nouvelle en cours | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
03/07/2005
J'ai trop vu 2001...
Je rêve : la fusée "deep impact" va se jeter sur la comète. On s'attend à un grand cratère et puis.... boiiiiing, c'est metalique et ça ne bouge pas....
Contradiction dans quelques heures (hélas!)
13:36 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
15/03/2005
Heinlein : les maitres du monde --> le fim "puppet marsters"
Il y a quelques jours j’avais
laissé sur la liste des livres que j’étais en train de lire le titre : « les
maîtres du monde » de Heinlein. Le commentaire n’était pas élogieux, pas ‘descendeur
en flammes’ non plus. Ce qui fait que je ne l’ai pas laissé sur la liste.
Bon, mais un film a été fait sur ce bouquin. A part le monstre
que je trouvai « trop dans le goût du jour » en ce qui concerne les
monstres, je dois dire que le film était bien fait. Pas un chef-d’œuvre, mais bien
fait.
Quelques nuances au niveau du
scénario m’ont quand même dérangé. Et la plus amusante est qu’un livre, écrit
dans les années 50 ou 60 ( de mémoire) était beaucoup moins pudibond que ce que
l’on a pu en faire dans les années 90-2000 ( j’ai pas fait attention à la
date).
C’est quand même révélateur d’une
époque où l’ordre moral (médiatique) s’instaure. Ou alors Heinlein, qui se
destinait à une carrière de militaire était en avance sur son temps ou alors notre
époque régresse.
Je penche pour la deuxième
réponse.
Les périodes de libéralisme
économiques sont inversement proportionnelle à la liberté des mœurs et des
pensées – la liberté des mœurs que nous sommes censé avoir maintenant est plutôt
une mode obligatoire. Voire la manière dont on s’est moqué de Gaymard parce qu’il
avait huit gosses ! Ce n’est pas la dessus que Gaymard était attaquable !
Valait mieux être un femme au
moyen âge qu’au XIX° siècle !
Quand on pense qu’il y a encore
des gens pour croire au progrès !…
18:45 Publié dans Film, Livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08/03/2005
Les Maitres du Monde _ Heilein
[if !vml]
[endif]
J’ai enfin fini, ce livre. En fait, je ne me souviens plus
si je l’avais lu avant ou pas. En tout cas, si je l’avais lu, ça ne m’étonne pas que je l’ai oublié.
Pour fans de SF ( dont je suis), et surtout fans de
Heinlein ( dont j’ai été)
Il m’est impossible de dire pourquoi, à un moment, il y a longtemps… j’ai été fasciné par
cet écrivain. C’est vrai qu’il y avait eu « Starship Troopers »-
décrié, si je me souviens comme bible militariste et « Stranger in a
strange land » considéré comme livre de chevet des hyppies, si c’est
derniers avaient eu des chevets et même des lits pour aller avec.
« La curiosité est un vilain défaut »,
« connais-toi toi-même » etc. etc. etc. Je vais bientôt m’y recoller.
En fait d’être déçu par une relecture d’Heinlein, ce n’est pas la cata,
MAIS
Il y a : FONDATION de Maître ASIMOV !
Relire ou ne pas relire ?
Si je relis et que suis déçu , je me dis que j’ai vieilli, que je suis devenu un vieux con
– ce qui est fort possible d’ailleurs, mais je n’apprécierais pas outre mesure
une standing ovation sur ces dire -OU ALORS je relis et j’y retrouve
l’émerveillement de mes 16 ans. ALORS,
n’écoutant que mon courage, j’achète les deux volumes suivants, car
ASIMOV I (dit LE GRAND) à fait une suite.
Moi, à l’époque, puriste entre les puristes, je n’avais
pas voulu en entendre parler – peut-être que j’étais alors un jeune con ?
( Pas de sourires narquois derrière les écrans, pleeeeaaaaaassssse ! )
Imaginez que la suite soit bien !
Si je ne relis pas : Je ne saurais jamais. Ce serait
quand même con.
Me voilà pris entre deux possibilités : avoir été un
jeune con ou être un vieux con.
On va voir si j’ai atteint la sagesse
23:30 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



