05/03/2007

J’ai été un immigré

La campagne s’enlise dans une course aux promesses vertigineuses. Les politiques vont nous sauver de tout … si nous votons pour eux. On se demande même s’ils peuvent guérir des écrouelles – il y en a qui aimeraient bien, cela leur donnerait une légitimité…

 

En fait, plus sournoisement, tout semble être fait pour que l’on évite de parler des deux seules choses qui me paraissent vraiment importante : L’Immigration et l’Europe

 

Je ne vais pas vous assommer avec une nouvelle opinion sur la question de l’immigration.  Je vais me borner à vous raconter ce qu’il m’est arrivé, ce que j’ai  vécu en fait d’immigration, car, voyez-vous, j’ai été un immigré, j’ai vécu 20 ans au Japon.

 

Avant de partir, il me fallait un contrat de travail. Grâce à celui-ci je pourrais avoir un visa de travail. En effet, il est hors de question d’aller sur place, de trouver du travail et de demander un visa. Toute demande doit être faite de l’extérieur du pays, et théoriquement, attendue à l’extérieur du pays. (Pratiquement, beaucoup d’entre nous ont fait pas mal de voyages en Corée ou à Hong-kong, faire des demandes de visa, revenir, et repartir ensuite pour aller chercher le dit visa).

 

Bien que mon contrat ait été d’un an, il m’a été donné un visa de six mois seulement. En fait,  dès que l’on était sorti des bureaux de l’immigration avec notre visa, on commençait à rechercher les papiers pour obtenir le suivant.

 

Bien que j’aie été marié à une japonaise, cela ne changeait en rien mon statut. J’avais le fameux 4-1-16-4, renouvelable tous les six mois. Et c’était l’angoisse ! Car l’immigration contrôlait combien d’heures par semaines nous travaillions et combien d’argent nous gagions. Si cela ne leur semblait pas suffisant, plus de visa !  C’était aussi simple que ça. Et voici la meilleure. Si on se faisait expulser,  il fallait que l’on paye, soi-même, le billet de retour. Ce n’était pas des charters payés par le gouvernement, mais des voyages plein tarif, payés par nous-mêmes !

 

En fait, c’était même plus corsé que ça : Pour avoir un visa, il fallait deux papiers importants : l’un du « sponsor », l’autre du « garantor ».

 

 Le sponsor demandait le visa pour vous à l’immigration et vous garantissait un certain salaire. Cela a l’air simple comme ça, mais, si, comme dans la majorité des cas que j’ai connus, vous travaillez pour plusieurs employeurs, c’était très difficile à trouver. Bon nombre d’entre nous ont été obligé de partir pour ne pas avoir pu fournir ce papier.

 

Le « garantor » était quelqu'un qui garantissait que nous étions des personnes bien, et il s’engageait à nous être responsable pour nous  si nous faisions des « conneries ». (Toujours le bon vieux système japonais de la responsabilité diffuse).  Cela pouvait aller très loin, sans parler du fait qu’il était moralement responsable). Par exemple, si l’on était expulsé et que l’on soit insolvable, c’était au garantor de payer le billet retour (voir ci-dessus).

Est-il besoin de dire qu'il était très difficile de trouver un garantor. 

 

Car telle était la réalité : si on avait un visa de travail - pour un certain travail, pas question de changer - on pouvait rester, mais si on perdait son travail et que l'on n'arrive pas à  en retrouver un autre avant les six mois fatidiques de la vérification, plus de visa... et il fallait partir! Nous avons tous vécus avec cette épée de Damocles sur la tête et on le savait, cela faisait partie des règles du jeu.

 

Les règles s'assouplissaient avec le temps - on avait prouvé que nous étions de bons gaijin et on pouvait espérer des visas d'un an, et un tout petit peu de souplesse.(Il y a meme eu des visa d'époux - mais ceci est un autre histoire... longue et compliquée)

 

Mais le fait était là  : pas de travail, pas de visa. Pas de visa --> bye bye

 

Ah oui, j'oubliais, on ne pouvais avoir de travail que si un Japonais ne pouvait pas faire ce travail. Mais cela paraît tellement évident...

03/02/2007

La mort au Japon

medium_tetemort.jpg Nous avons une vue particulière de la mort en Occident. En fait nous en avons peur et nous la masquons.

Plus personne ne porte le deuil. Révolu le temps des costumes noirs! Il a été progressivement remplace par un brassard noir passé au bras, puis par un petit bouton noir, fixé à la boutonnière. Maintenant un habit sombre suffit... Et encore... En hiver...

Les faire-part de deuil se font discrets. Il y a une trentaine d'années, on recevait un lettre à l'épaisse bordure, noire, bien entendu , maintenant c'est tout juste si nous avons droit à un discret liseret gris, le plus fin possible.

Nous avons peur de la mort! Nous voulons l'éternelle jeunesse!

Nous avons peur de la mort! Nous ne la montrons pas aux enfants!  (Pourtant sur leur PlayStation, Nitendo et autre Xbox, ils massacrent plus de gens qu'un Ben Laden au meilleur de sa forme).

Nous avons peur de la mort et en plus nous avons horreur de la crémation! Chez nous ça ne se fait pas! Point Final! Et dans tous les sens du terme, le mot «final».

Ceci est une question de culture. Nous avons été élevé, en France, avec le fameux « Tu es poussière & retourneras à la poussière». Dans nos contrées on enterre les morts :  L'homme de Neandertal enterrait les siens. Idem pour Cro-Magnon. Cela date donc de longtemps.

Qu'est-ce qui se passait en Asie, on n'en sait trop rien, le territoire est trop grand et l'exploration trop jeune.

Ce qui est important, c'est le rite.... Pour ceux qui restent. Nous connaissons tous, malheureusement les rites d'un enterrement. Dans le cas de la France, il n'y a pas encore de rites bien établis. Un ami de mon père s'est fait incinérer et a fait jeter ses cendres dans un coin de rivière où il allait souvent taquiner le goujon. La famille s'en est trouvée fort désemparée. Il n'est pas dans les moeurs d'aller se recueillir sur un coin de rivière - vous imaginez la scène le jour de l'ouverture?

Au Japon, pays des rites s'il en est, la question est toute autre.

Le lendemain de la mort, en général, il y a une cérémonie (Otsuya) ou on expose le mort dans ses plus beaux apparat et tout un chacun vient lui présenter ses derniers respects. Les enfant aussi. On ne cache pas la mort aux enfants et très tôt ils savent ce que c'est. En général, au Japon, on vit avec ses morts, et surtout, on ne les cache pas. Pendant ce temps un moine bouddhiste récite des mentras. (Pour la naissance, c'est le prêtre Shinto et pour les mariages c'est soit Shinto, soit Chrétien _ les Japonais ne sont pas sectaires... C'est le moins qu'on puisse dire! )

Quand on arrive pour le Otsuya, on apporte une enveloppe remplie de nombreux billets de 10.000 Y, pour aider la famille a faire face aux dépenses. On signe un registre en indiquant la somme que l'on a mise! Bonjour la pression! Quelque fois, ça fait mal au coeur de mettre 30.000 Y pour un type que l'on ne pouvait pas sentir, mais enfin, c'est comme ça.

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Petite anecdote amusante : Si ça vous gonfle de mettre de l'argent, vous mettez une enveloppe vide, mais vous inscrivez une somme sur le registre des doléances. On se sent alors obligé de penser que vous avez «oublié» de mettre la somme, brisé que vous étiez par l'émotion. La face est sauve et on ne vous dira jamais : «à propos, je crois que vous avez oulbié de....» Cette technique est également valable pour les mariages.

Arrive le jour de l'incinération. Rendez-vous au Crématorium où vous êtes *obligatoirement* vêtu d'un costume noir avec un cravate noire ( si vous avez une cravate blanche, c'est que vous allez � un mariage...)

Le cerceuil est ouvert et vous voyez pour la dernière fois le défunt. En général, on passe l'un après l'autre devant, et on dépose une fleur blanche. Le Mort est en costume, lui aussi et dans le cercueil on met lesobjets qu'il affectionnait particulièrement. Je me rappelle d'un des oncles de ma femme : il y avait une photo de sa voiture, une Mini AustinCooper S, vehicule très rare et très prisé au Japon ainsi que son paquet de cigarettes préféré et son briquet (à gaz!). Normal qu'il emporte aveclui ce qui l'avait emporté! Les autres objets étaient très personnels.


Le maitre de cérémonie ferme le cercueil, le place sur un tapis roulant. La porte du four s'ouvre : il n'est pas encore allumé, puis se referme. On entend un grand Vouuuuf! Le four s'est mis en route, mais on ne voit rien. On passe ensuite au restaurant où on mange et boit beaucoup. On parle du mort et uniquement du mort. Comme partout ailleurs, c'est l'occasion pour les membres de la famille éloignée de se revoir, on se salue, se congratule, pleure et rit beaucoup. Le mort aime que ceux de sa famille ne soient pas (trop) tristes.


Deux heures plus tard, environ, on redescend et on va à la sortie du four. Dans une grande boîte en métal, de la taille du cercueil se trouvent les cendres du défunts.  Mais ce ne sont pas, à vraiment dire que des cendres, il y a aussi des bout d'os éclatés et blanchis.  On a la surprise d'entendre des commentaires du style : «c'est bien brûlé, hein, les os sont bien blancs», etc... Ça surprend. Pendant ce temps les enfants jouent autour des adultes et des cendres.  Souvent le maître de cérémonie les prend à part, s'approche avec eux des restes, et explique : ça, c'est le tibia, ça une côte, là un doigts, j'en passe et des meilleures.   Oui! Il y a vraiment une approche différente de la mort.

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 Ensuite, vient le plus dur (pour moi! )  On s'approche par deux des cendres, chacun *une* longue baguette à la main, on prend un os, et le met dans l'urne funéraire. Je me souviens la première fois cela m'a fait tout drôle, la première fois de prendre, avec ma femme, un bout du crâne de sa grand-mère. La hantise : Ne pas faire tomber!  Deux baguettes dans la main, pour manger ou faire la cuisine, ça va, mais *une* baguette pour tenir la Mère Grand, cela rend nerveux!


On repart ensuite, en taxi, en bus ou  en métro à la maison où une collation nous attend ( et beaucoup de saké). Quelques jours plus tard, on déposera les cendres dans un tombeau ou un caveau.

medium_tomjep.jpgAutre anecdote amusante : le prix du terrain étant ce qu'il est (horrible), une tombe coute très cher, alors de nombreuses personnes «oublie» l'urne dans le train. Une visite des objets perdus à la SNCF locale est pleine d'enseignement  Bien sûr, on ne vient jamais rechercher, on aurait trop honte!

C'est très amusant de se promener dans un cimetière japonais. On voit souvent des familles se réunir autour de la tombe et faire un pique-nique en laissant des mandarines, du saké, ou autre chose que le mort aimait sur sa tombe.

J'imagine la gueule du Garde Champêtre de mon petit village s'il me voyait assis sur la tombe de mon grand-père, un sandwich à la main, un ballon de rouge dans l'autre, avec un autre sandwich et un autre ballon de rouge pour Papy!  Un coup à se faire arrêter pour outrage au bonne moeurs!


Le jour anniversaire le la mort de sa grand mère, ma femme se réuni au restau avec la famille et on festoye en parlant de grand maman, qui était une sacré bonne femme! De plus, elle a hérité de ses kimonos! Avec l'un elle a fait des coussins que nous avons toujours utilisés. Grand Maman est toujours parmi nous. 

 

Pour ceux qui aime rire de tout ça, je ne saurais trop vous conseiller d'aller vo ir le film "Ososhiki" d'Itami Juzo. Un chef d'oeuvre si vous en possédez les clefs.

 

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Et il a fait son dernier voyage dans ce... corbillard! 

 

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 Partir en fumée, mais avec classe!

11/09/2006

L'étrange rêve de Marcel G******

HISTOIRE VRAIE

J'ai rencontré Marcel G au club des journalistes de Tokyo. Il était correspondant permanent pour une grande radio et pour un grand quotidien. Pas le genre de gars qui raconte des bobards pour étonner le pécore. Je le répète, c'était un journaliste, un vrai, de l'ancienne époque et non un de ces commentateurs de AFP qui sévissent maintenant. 

Et il m'a raconté comment il était arrivé au Japon.

Dans la conversation, il a mentionné, comme ça, qu'il avait passé une partie de la guerre dans un camp de concentration! J'étais médusé, et j'ai posé la question la plus con* qui soit : Et vous en êtes ressorti?  

Il savait qu'il allait en sortir. Une nuit il avait fait un rêve : Sa femme, japonaise, l'attendait à Tokyo. Petit détail d'importance : il n'était pas mariét encore moins à une Japonaise, bu qu'il n'avait jamais mis les pieds au Japon, et n'avait jamais eu la moindre intention d'y aller.

Marcel G m'a raconté qu'à partir de ce moment il avait su qu'il s'en sortirait et qu'un femme l'attendait au Japon. IL a vu ses camarades tomber autour de lui, mais lui, avait la certitude qu'il sortirait vivant du camp ( désolé, je ne me souviens pas duquel) ... et bien sûr il en est sorti vivant.

Je le répète ( c'est ce qu'il m'a dit), il n'avait jamais eu aucun contact avec le Japon et n'en a pas eu après dans sa vie de journaliste.

Et puis un jour le directeur de son journal ( ou de la radio) lui proposé de partir comme correspondant au Japon! ( JE crois que c'était pour les Jeux Olympiques de 1964 -- sans garantie, son histoire m'avait téllement fasciné que je n'avais pas fait attention aux détails.

Il a donc embarqué à Maseille pour se retrouver deux mois plus tard à Yokohama ( c'était à l'époque une ligne régulière et d'ailleurs le seul moyen de se rendre dans l'archipel - on était au coeur de la Guerre Froide).

Arrivé à Yokohama, quelle ne fut pas sa surprise de voir qu'il y avait une énorme foule massée sur le débarquadaire, agitant des petits drapeaux français et japonais. " Tiens, se dit-il, j'ai dû voyager avec qqn de tès connu, et je ne le savais pas! Pas très bon pour un début en journalisme au Japon".

Et puis après, il s'est aperçu que c'était lui que la foule attendait et fêtait : il était, sans le savoir devenu un héros national! 

L'histoire est que, juste avant son départ, il avait évidemment pris pas mal de renseignements sur le Japon, avait rencontré de nombreux personnages japonais, dont, notamment un journaliste d'un grand quotidien japonais (de mémoire le correspondant de l'Asahi Shimbun en France) et celui-ci avait fait un papier sur lui. Il avait raconté sur "séjour" en camp de concentration et le rêve qu'il avait eu qu'une femme, un jour l'attendrait chez lui, au Japon. Ce rêve lui avait sauvé la vie, lui ayant apporté la certitude de sa survie. Ils disaient toujours à ses compagnons de malheur qu'il sortirait vivant parce que "sa" femme l'attendait au Japon - Marcel G insistait sur ce point.

Evdemment, il s'est marié plus tard à une Japonaise.

Cela pourrait être la fin du beau conte de fée, mais son rêve lui avait dit que "sa" femme  l'attendait, mais n'avait jamais dit que ce serait la femme de sa vie.

Il a ensuite divorcé et ré-épousé, au Japon une Française, que j'ai fort bien connu. C'est d'ailleurs elle qui m'a présenté son mari. [ Pendant que j'y suis, je tiens à la remercier car elle m' a beaucoup aidé dans mon intégration au Japon]

J'ai  fait des recherches sur Internet et d'après ce que j'ai trouvé, Marcel G est mort en 1998.

Voilà, l'histoire que j'ai entendu un soir au club des journalistes ( étrangers) de Tokyo. Elle m'a été confirmée ensuite par d'autes personnes.  JE n'ai pas cherché à embellir l'histoire. JE vous la livre telle quelle. 

Garanti sincère

Zorglub

 

 

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* Pour prévenir les réflexions des puristes de l'ortho, je tiens à dire que je considère, dans le cas, le mot "con" comme invariable. Pour la bonne raison que " tel est mon bon plaisir". na!  

04/07/2006

Spleen et chasseur de spleen

Les souvenirs m'envahissent ce soir. Je pense aux endroits et aux personnes que j'ai aimées. Je rêve de Normandie, de Japon, mais je sais comment trouver l'oubli

 

        La Normandie : Doux pays où l'on parle de canicule quand on dépasse les 25°C ( sous soleil voilé), qu'on se frotte le front en disant " Ke Kalen [ quelle chaleur] Sta le veil [ce soir], en regardant les Vak et les Viau dans les champs .

Revoir le patelin de mon enfance, parler avec des mecs en restant droit, les yeux dans les yeux, parce qu'ils ont la meme taille que moi, pouvoir mettre du beurre avec mon fromage et mon paté sans qu'un bien pensant diététique ne hurle au scandale, me balader sur les falaises, et aller sur les tombes de mes deux grands-pères, (même cimetière, séparés par un allée, morts à six mois l'un de l'autre, l'un avait fait Ypres - les premiers gaz - l'autre avait fait Verdun)

Dans le village, il y en a encore qui se souviennent de moi. Quand j'irai chez les payasans, on ira me " créer" - du verbe querir - la bouteille de calva, " la goutte" faite maison, celui qu'on n'offre pas aux horzains, celui qui est fait pour ceux "d'cheu nous". On me demandera : A va t-i ton pe? l'aimait ben cha, lui!

 
podcast

Voici une version un peu spéciale de "J'irai revoir ma Normandie!"

 

 

        Mais d'un autre côté je retournerai bien au Japon. Le 15 aout se sera la fête des morts.

On les reçoit dans la maison, on leur sert à manger et à boire. Ils restent 3 jours. Si je siffle assez de sake et de l'infâme gnole que mon beau-père faisait venir de Chine ( Chaochou)  peut -être que je pourrai ecouter le feu papy qui enchainera, comme d'habitude ses " When I was on the China Front..."

Sacré Papy, il n'y avait que moi qui t'écoutais! Tes propres enfants en avaient marre de tes de tes histoires, de ta guerre en Chine, comment tu avais été fait prisonnier en Corée par les Russes, Comment tu étais revenu de Sibérie. Je crois bien que c'est qu'en 47 que tu en revenu, et dans le port de nagasaki, encore - ou ce qu'il en restait. Tu m'aimais bien et je t'aimais bien. Quand je pense qu'il a fallu que je porte ton cadavre dans mes bras, pour te placer dans la salle de réception... 

Et puis, si je retourne, il y aura mami, toujours vivante, et Fifille, ma fille, qui est retourné vire là-bas. Cela fera tout drôle de parler japonais tous les trois, d'aller voir, la famille, et de parler de tous nos morts, des bons moments qu'on a passés ensemble.

Papy, tu seras dans la salle, tu tronera sur l'étagère, dans ton urne avec tes cendres. Cette urne, je sais bien ce qu'il y a dedans, vu que c'est moi qui ait choisi les os qu'on y mettrait et que je les ai selectionnés, avec *une baguette*, l'autre baguette était tenue par ma femme. JE me souviens de l'appréhension : surtout ne pas faire tomber, ne pas faire tomber, ne pas faire tomber....

Tiens je vais me passer cette chanson, cela me mettra une bonne vieille nostalgie dans laquelle je sens que je vais me complaire.  ( A écouter triste, et légèrement bourré)


podcast

Ceci est une chanson "populaire" japonaise. C'est un style assez décrié, le "enka" que d'aucun appellent "musique de chauffeurs de camion". On aime ou on n'aime pas. Vous remarquerez quand même, la voix de la chanteuse ( Ishikawa Sayuri) qui maîtrise parfaitement la technique de la "voix du ventre".  

 

        Bon, mais ce soir, pas de Normandie, pas de Japon, il me reste à aller dormir près de ma blonde brune. J'ai ici une petite musique assez suggestive, libre interprétation du "buisson ardent". Les paroles ne sont pas exactement: "je suis celui qui suis" mais restent fidèles à l'esprit du texte, et deviennet : "I am, I am to come, I was".

 podcast

L'interprétationest ..... particulière. Vous remarquerez que la technique de "Voix du ventre" est ... différente. 

 

Tout compte fait je crois que je ne serais pas nostalgique ce soir.... 

 

Bonne nuit les amis et toute ma considération à celui qui trouvera qui à " chanté cela". Pouvoir citer le " groupe" et l'année vous gratifiera de toute ma considération "distinguée" 

 

05/05/2006

Résistance passive (?) à la japonaise

Je me souviens d'un épisode assez croquignolesque de la vie politique japonaise.

Le gouvernement essayait de faire passer une mesure pour combler le déficit d'une compagnie privée sur le dos des contribuables japonais - un truc à la " Credit Lyonnais" mais en plus gros.

Il y a eu, bien sûr des manifs, mais pas tout à fait comme en France.

Les manifestants hurlaient - au mégaphone, et ils sont équipés, là-bas - dans les rues les numéros de téléphones / fax du premier ministre et des services du ministères des finances, demandant à chaque citoyen de téléphoner / faxer pour exprimer son mécontentement.

Ce qui fut fait

En quelques heures toutes les lignes de communications des ministères furent saturés : le gvt était devenu impuissant. Et rien n'y a fait, ni les suppliques ni les appels à l'ordre public. Les japonais n'aiment pas que l'on se foute de leur gueule. Et ils ont continé jusqu'à ce que les autorités cèdent.

Ce fut beau, rapide, et efficace!

04/09/2005

Dozo go yukuri

Il est des expressions japonaises qui n'ont pas vraiment leur pendant en français. On peut les traduire, mais cela n'a pas la même portée.

Il y en a une qui me plaît pas mal, c'est " go yukuri" [ ou différentes variations sur le même thème]. En gros, cela veut dire : "prenez votre temps / prenez tout votre temps / Ne vous pressez pas / Profitez de l'instant que vous allez avoir / .... en gros " va doucement!" Il y a la notion de lenteur et de profiter, etc... Bon, je pense que vous avez compris le sens!

En ces temps beni, j'avais un relation extra-conjugale avec une accorte japonaise qui avait l'insigne avantage :

1/ De ne pas avoir froid aux yeux

2/ Ne voulait sortir qu'avec des hommes mariés, comme ça, ça ne la gênerait pas dans sa carrière ( qu'elle a fort bien réussie d'ailleurs, J'ai de ses nouvelles et elle a des miennes par copains interposés , qui n'ont d'ailleurs jamais rien soupçonné - le japon est un pays magnifique, je vous le dis.... euh...magnifique quand on est un homme et que l'on n'est pas Japonais, mais c'est une autre histoire)

3/ Elle portait le même prénom que ma femme, ce qui fait que je n'avais pas peur de parler en dormant ( avec l'une ou l'autre d'ailleurs) et en plus avait la même allure.... comme quoi on a toujours un type.

Après le boulot nous nous retrouvions dans des love hotel. Le love hotel, pour les non japonisant est une maison de passe. On en trouve absolument partout au Japon, surtout dans les quartiers d'affaires, près des gares et bien sûr les quartiers de plaisir. Ce n'est absolument pas un bordel. Si on comparaît ça à un restaurant, on dirait que l'on apporte son sandwich!

Tout est très discret. Vous demandez une chambre à un guichet, et la personne ne vous voit pas, elle ne voit que vos mains. Puis elle appelle une femme de "chambre" ( qui vous guide au lieu hautement décoré - vitre au plafond, lit tournant, vibrateur, j'en passe et des meilleurs). Celle-ci vous mène donc à la chambre. Je crois que c'était la première fois que j'allais au love hotel, et à ce moment, la femme à dit :

Go yukuri doozo! ( Prenez votre temps, allez y doucement)

J'ai pété de rire en lui disant que je ferais ce que je pourrais... A ce moment, ma compagne, qui parlait aussi le français, a compris ce à quoi je pensais et a pouffé de rire aussi, en ajoutant qu'elle l'espérait bien.

Cela a laissé la "femme de chambre" plutôt perplexe.

Aventure zorglubienne garantie authentique.